Sécurité

Attaque au Kenya : première comparution pour six suspects

Dans une rue de Nairobi, à proximité du complexe DusitD2, frappé par une attaque revendiquée par les shebabs, le 15 janvier 2019. © Khalil Senosi/AP/SIPA

Un magistrat kényan a prolongé de trente jours vendredi la détention provisoire de six personnes, dont un Canadien, soupçonnées d'implication dans l'attaque jihadiste menée cette semaine contre un complexe hôtelier de Nairobi, qui a fait 21 morts.

Les cinq hommes ayant perpétré mardi et mercredi l’attaque, revendiquée par les shebab somaliens, contre le complexe DusitD2, qui rassemble un hôtel, des restaurants et des bureaux, sont morts dans l’opération.

Les suspects ayant comparu vendredi sont soupçonnés de les avoir aidés et font l’objet d’une enquête notamment pour « conspiration en vue de commettre un acte terroriste » et « appartenance à un groupe terroriste », selon des documents déposés par les enquêteurs et consultés par l’AFP.

À la demande des enquêteurs, le tribunal a prolongé de trente jours la détention provisoire de cinq d’entre eux – quatre hommes et une femme – et jusqu’à mercredi pour la sixième personne.

« Démasquer l’entièreté de l’organisation criminelle »

« Les investigations dans cette affaire sont complexes et transnationales et requièrent dès lors du temps et des ressources suffisantes afin de démasquer l’entièreté de l’organisation criminelle », a déclaré le directeur des poursuites publiques Noordin Haji, dans un communiqué.

Joel Ng’ang’a Wainaina, un chauffeur de taxi, aurait transporté un assaillant à plusieurs reprises. Oliver Kanyango Muthee, également chauffeur de taxi, aurait transporté un assaillant au DusitD2 le jour de l’attaque.

Gladys Kaari Justus aurait facilité une transaction suspecte via un système de transfert d’argent par téléphone portable très populaire au Kenya, Mpesa.

Guleid Abdihakim, qui possède la nationalité canadienne, a été arrêté pour des communications téléphoniques suspectes, tandis qu’Osman Ibrahim aurait rencontré un assaillant le 8 janvier.

D’autres suspects sous les verrous

Condamnant cette « attaque horrible », le ministère canadien des Affaires étrangères a indiqué à l’AFP être « en contact avec les autorités kényanes pour recueillir des informations supplémentaires » sur Guleid Abdihakim. « Les services consulaires sont fournis à la famille de l’individu », a remarqué Ottawa.

La sixième personne, Hussein Muhamed, a été en contact avec des islamistes connus, d’après l’analyse de son téléphone portable.

Des sources policières avaient annoncé mercredi et jeudi à l’AFP l’arrestation de onze suspects. Interrogée sur ceux qui n’ont pas comparu vendredi, une source policière a déclaré à l’AFP: « Nous devons avoir quelque chose de solide contre eux afin de les faire comparaître devant un tribunal ». « Nous continuons de leur parler ».

Représailles du transfert de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem

Deux suspects n’ayant pas comparu vendredi, Ali Salim Gichunge et Violet Kemunto Omwoyo, possédaient des cartes SIM qui étaient en « communication constante » avec des numéros de téléphone en Somalie, selon les documents vus par l’AFP.

L’attaque du complexe DusitD2, dans un quartier de Nairobi, a débuté mardi vers 15H00 (12H00 GMT) lorsqu’un kamikaze s’est fait exploser devant la terrasse d’un des restaurants du complexe. Les quatre autres membres du commando ont plus tard été tués par les forces de sécurité.

Les shebab, affiliés à Al-Qaïda, ont indiqué avoir agi en représailles au transfert de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, selon le centre américain de surveillance des sites internet jihadistes SITE.

En 2013, l’attaque du centre commercial Westgate à Nairobi par un commando shebab, avait fait 67 morts.

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