Société

Le rappeur MHD mis en examen et placé en détention provisoire pour « homicide volontaire »

MHD, le rappeur parisien en pleine ascension, est depuis jeudi soir en détention provisoire, mis en cause dans l’enquête sur l’agression mortelle d’un jeune en juillet lors d’une rixe entre bandes à Paris. Des faits pour lesquels il « conteste toute implication ».

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Mis à jour le 18 janvier 2019 à 12:13

MHD lors des BET Awards 2017. © Richard Shotwell/AP/SIPA

Après 48 heures de garde à vue, l’artiste parisien de 24 ans, Mohamed Sylla de son vrai nom, a été présenté au juge d’instruction qui l’a mis en examen pour « homicide volontaire ». Selon son avocate Elise Arfi, il « conteste toute implication dans cette rixe » survenue le 6 juillet dernier, « sa présence sur le lieu des faits n’étant pas été avérée ». Elle a annoncé qu’elle ferait appel de son placement en détention provisoire, au regard notamment de ses « garanties de représentation » et de l’« absence d’antécédent judiciaire », selon un communiqué transmis dans la soirée.


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La voiture de MHD aperçue sur les lieux

Connu notamment pour un tube à la gloire du PSG, ce rappeur plébiscité des jeunes avait été placé en garde à vue mardi matin à la demande du magistrat parisien en charge de l’enquête, en même temps que trois autres suspects, eux aussi mis en examen pour les mêmes faits, a précisé l’avocate.

L’affaire remonte à l’été dernier lorsqu’ un jeune de 23 ans avait succombé à un passage à tabac et à une blessure à l’arme blanche dans le Xe arrondissement de la capitale, « un règlement de compte entre bandes du Xe et du XIXe arrondissement » qui avait impliqué une quinzaine de personnes, selon une source proche de l’enquête. « Plusieurs jeunes du XIXe étaient descendus sur le Xe pour une « opération punitive » « , a relaté la même source. Ce jour-là, la voiture du rappeur, originaire du XIXe arrondissement, aurait été aperçue sur les lieux.

Elise Arfi assure que le jeune homme n’a « jamais été impliqué dans des conflits entre bandes rivales ». La version qu’elle défend est que le « véhicule appartenant à monsieur Sylla a été utilisé par des individus, identifiés par les enquêteurs comme auteurs de cette agression mortelle ».

« Dès qu’il en a eu connaissance », Mohamed Sylla s’était rapproché du juge d’instruction courant juillet par l’intermédiaire de son avocat, ajoute-t-elle. Il a alors fait savoir « qu’il se tenait à la disposition de la justice pour expliquer les circonstances dans lesquelles son véhicule avait pu être utilisé » sur les lieux, développe l’avocate.

Grand soutien des rappeurs français 

Plusieurs rappeurs français ont apporté leur soutien sur les réseaux sociaux à « leur frère » MHD depuis son placement en garde à vue. Naza a posté sur Instagram « Force mon frérot », suivi d’un émoticône avec deux mains jointes en prière et d’un cœur, Black M lui a de son côté souhaité « force et longue vie ».

MHD, inventeur autoproclamé de l’« afro-trap », rap festif aux influences africaines, est notamment connu pour son tube « Afro Trap Part. 3 (Champions League) », hymne à la gloire du PSG, et pour son premier album éponyme, certifié triple disque de platine en France et disque de platine à l’export. Il s’était lancé dans la musique en 2015, alors qu’il était livreur de pizza, propulsé par les réseaux sociaux.