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Diplomatie

[Exclusif] Présidentielle en RDC : ce que les chefs d’État africains vont dire à Joseph Kabila

Paul Kagame, président rwandais et président en exercice de l'Union africaine et Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'UA, le 17 janvier à Addis Abeba. © DR / présidence rwandaise.

Comme cela a été décidé lors du mini-sommet d’Addis-Abeba sur les élections en RDC, une délégation de chefs d’État doit se rendre à Kinshasa dès lundi. Ils entendent placer Joseph Kabila devant une alternative inédite.

Les oreilles du président congolais Joseph Kabila ont sifflé, jeudi 17 janvier. Lui-même n’ayant pas fait le déplacement, aucun Congolais n’a pu participer à la réunion à huis clos des chefs d’État et de gouvernement qui s’est tenue dans la capitale éthiopienne. Dans l’assistance : Abiy Ahmed (Éthiopie), Alpha Condé (Guinée), Idriss Déby Itno (Tchad), Hage Geingob (Namibie), Paul Kagame (Rwanda), João Lourenço (Angola), Edgar Lungu (Zambie), Yoweri Museveni (Ouganda) et Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville).

Après le début de la réunion, vers 16 heures locales, tous les chefs d’État se sont accordés à dire que les résultats provisoires proclamés par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), qui donnent l’opposant Félix Tshisekedi vainqueur, n’étaient pas conformes à la réalité, selon les confidences faites à Jeune Afrique par l’un des participants.

Et cette source d’ajouter qu’il ne fait de doute pour aucun d’entre eux que le véritable vainqueur de l’élection du 30 décembre est en réalité Martin Fayulu. Cela explique les « sérieux doutes » exprimés dans le communiqué final et leur appel à la « suspension de la proclamation des résultats ».

Victoire de Fayulu ou transition sans Kabila

Les chefs d’État présents ont par ailleurs décidé de dépêcher une délégation à Kinshasa le 21 janvier. Outre Paul Kagame, le président en exercice de l’Union africaine, et Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission, celle-ci doit être composée du Namibien Hage Geingob, du Zambien Edgar Lungu et du Sud-Africain Cyril Ramaphosa.

Soit la Ceni proclame la victoire de Fayulu, soit une nouvelle élection inclusive devra se tenir

Selon nos sources, cette délégation devrait placer Joseph Kabila devant un choix cornélien : soit la Ceni proclame la victoire de Martin Fayulu, soit une nouvelle élection inclusive devra se tenir, à laquelle les opposants exilés seraient autorisés à concourir. Dans ce dernier cas de figure, le nouveau scrutin devrait être organisé par un gouvernement intérimaire dirigé par une personnalité consensuelle, sans Joseph Kabila.

Les chefs d’État se sont montrés particulièrement sévères vis-à-vis du président congolais tout au long de cette réunion qui a duré près de quatre heures. L’Angolais João Lourenço était sans doute le plus ferme. L’Ougandais Yoweri Museveni a exhibé des vidéos de massacres tournées, selon lui, dans l’est de la RDC. Proche de l’opposant exilé Moïse Katumbi, Edgar Lungu était sur la même ligne.

Le plus réticent, a priori, à cette ligne de fermeté a été le président sud-africain Cyril Ramaphosa. Quelques heures plus tôt, il avait obtenu que la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) publie un communiqué plutôt bienveillant vis-à-vis du pouvoir de Kinshasa. Face à l’unanimité des autres chefs d’État, il n’a, cette fois, pas pu résister.

Selon nos sources, le président sud-africain a confié à ses pairs que Joseph Kabila l’avait contacté pour placer une partie de sa famille à l’abri en Afrique du Sud.

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