Sécurité

Burkina Faso : le Canadien enlevé à Tiabangou a été retrouvé mort

| Par et - à Ouagadougou
Mis à jour le 17 janvier 2019 à 15h40
Un soldat burkinabè des Forces armées nationales (FAN) lors d'une patrouille en décembre 2016 (illustration).

Un soldat burkinabè des Forces armées nationales (FAN) lors d'une patrouille en décembre 2016 (illustration). © DR / DCRPA Burkina Faso

La dépouille d’un ressortissant canadien, cadre d’une société minière enlevé mardi soir par des hommes armés à Tiabangou, dans le nord-est du Burkina Faso, a été retrouvé mercredi dans le département de Gorom Gorom.

Son corps criblé de balles a été retrouvé mercredi 16 janvier près de Petoye-Beiga, dans le département de Gorom Gorom, aux confins des frontières avec le Mali et le Niger. Tout laisse penser qu’il a été assassiné par ses ravisseurs, qui ont réussi à prendre la fuite.

Ce cadre de la société canadienne Progress minerals avait été enlevé la veille par une dizaine d’hommes armés environ 200 kilomètres plus au sud, sur le site aurifère de Tiabangou, dans la province de Yagha (nord-est), où il menait une mission de prospection.

 

 

« Le corps découvert [ce jour] à Beiga à 18 km de Gorom Gorom à été formellement identifié comme étant Kirk Woodman », a déclaré à Jeune Afrique un haut responsable sécuritaire, précisant que des objets personnels de la victime ont été reconnus par des membres de l’équipe témoin de l’enlèvement. « Ses ravisseurs l’ont enturbanné pour le faire entrer au Mali. Il [Kirk Woodman] a dû faire de la résistance, et ils l’ont tué », avance, sous couvert d’anonymat, un cadre minier contacté par Jeune Afrique.

« Notre dispositif sécuritaire est en alerte pour rechercher et retrouver ces hommes, qui se sont, selon nos informations, dirigés vers la frontière nigérienne » à la suite de l’attaque de Tiabangou, a déclaré mercredi le ministre burkinabè de la Sécurité, Clément Sawadogo.

Contactée par JA, l’ambassade du Canada à Ouagadougou s’est refusée à tout commentaire.

Géologue et responsable de l’exploration minière au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire de la société canadienne Progress Minerals, Kirk Woodman a été enlevé mardi sur le site de Tiabangou où il procédait en compagnie d’autres agents de la société à des explorations sur un site aurifère situé dans la province du Yagha, près de la frontière du Niger.

Un couple italo-canadien porté disparu

Une autre ressortissante canadienne, Edith Blais, 34 ans, est portée disparue depuis plus d’un mois au Burkina Faso, où elle voyageait avec son compagnon italien Lucas Tacchetto, âgé lui de 30 ans. Le couple n’a plus donné de nouvelles à ses proches depuis le 15 décembre et leur passage par la ville de Bobo-Dioulasso. Les autorités burkinabè et canadiennes, qui ont assuré avoir déployé tous les moyens possibles pour les retrouver, redoutent fortement leur enlèvement.

Depuis avril 2015 et l’enlèvement du Roumain Iulian Ghergut, qui travaillait dans la mine de manganèse de Tambao (nord), plusieurs étrangers ont été kidnappés au Burkina Faso : le docteur Kenneth Elliott et son épouse Jocelyn à Djibo en janvier 2016 (Jocelyn Elliott ayant depuis été libérée), et deux ressortissants sud-africain et indien travaillant pour une société minière à Inata en septembre 2018. Tous sont actuellement détenus par des groupes jihadistes.

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