Justice

Côte d’Ivoire : « Le procureur ne s’est pas acquitté de la charge de la preuve » dans l’affaire Gbagbo-Blé Goudé

| Par - envoyée spéciale à La Haye
Mis à jour le 12 novembre 2019 à 17h01
L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo à son arrivée dans la salle d'audience de la Cour pénale internationale à La Haye, aux Pays-Bas, le mardi 15 janvier 2019.

L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo à son arrivée dans la salle d'audience de la Cour pénale internationale à La Haye, aux Pays-Bas, le mardi 15 janvier 2019. © Peter Dejong/AP/SIPA

La 1e chambre de la CPI a prononcé ce mardi matin l’acquittement de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, estimant que les charges réunies par le procureur étaient insuffisantes. À La Haye, les partisans de l’ex-président exultent…

Il n’aura fallu qu’une vingtaine de minutes aux juges de la Cour pénale internationale (CPI) pour faire basculer à nouveau le destin du plus célèbre de leurs accusés, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, et de Charles Blé Goudé, son ex-ministre. « Le procureur ne s’est pas acquitté de la charge de la preuve », ont-ils décidé, faisant « droit aux demandes d’acquittement sur l’ensemble des charges » et ordonnant « la mise en liberté immédiate » des deux hommes.


>>> À LIRE – [En direct] Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé acquittés, la CPI ordonne leur remise en liberté


Charles Blé Goudé et Laurent Gbagbo – en veste bleu marine, de fines lunettes posées sur le nez – sont restés impassibles, tandis qu’une petite cinquantaine de leurs partisans, installés dans la galerie publique, laissaient exploser leur joie. Pleurs, cris « au revoir la CPI ! », et même évanouissement de certains de leurs partisans.

Charles Blé Goudé prend son équipe juridique dans les bras alors que lui et l'ancien président de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, entrent dans la salle d'audience de la Cour pénale internationale à La Haye, aux Pays-Bas, le mardi 15 janvier 2019.

Charles Blé Goudé prend son équipe juridique dans les bras alors que lui et l'ancien président de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, entrent dans la salle d'audience de la Cour pénale internationale à La Haye, aux Pays-Bas, le mardi 15 janvier 2019. © Peter Dejong/AP/SIPA

J’avais dit que l’Histoire avec un grand « H » rendrait raison à Laurent Gbagbo

Dans le public, il y avait notamment Bernard Houdin, ancien conseiller de Laurent Gbagbo, qui l’a vu régulièrement durant ses sept années de détention à la prison de Scheveningen : « On s’est battu pour la justice, pour la vérité. Le 11 avril 2011, j’avais dit que l’Histoire avec un grand « H » rendrait raison à Laurent Gbagbo : elle vient de le faire aujourd’hui. Mais ce n’est qu’une étape, la tache est immense en Côte d’Ivoire. Cela fait huit ans que le pays est délabré par une politique raciale et antisociale de M. Ouattara. Il y a beaucoup de travail à faire, tous les Ivoiriens doivent se réunir. Il y a un immense sentiment de soulagement pour le président, mais également un immense sentiment de responsabilité. » Bernard Houdin ne doute pas que, dès sa libération, l’ancien président s’appliquera à « remettre le pays en état ».

Selon ses proches, Laurent Gbagbo pourrait passer quelque temps en Europe, avant de rejoindre la Côte d’Ivoire, où la donne politique se trouve profondément modifiée par cet acquittement, à moins de deux ans de la présidentielle.

Mercredi 16 janvier, à 10 heures, la parole sera donnée au procureur, qui annoncera s’il entend ou non faire appel.

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