Transport ferroviaire

Dakar réceptionne officiellement son Train express régional

Macky Sall et son épouse Marième Faye, lors de la cérémonie de réception du TER, à la gare de Dakar, le 14 janvier 2019. © DR / Présidence sénégalaise.

Un des chantiers majeurs du premier mandat de Macky Sall, le Train express régional (TER), a été officiellement réceptionné ce 14 janvier, avant un voyage inaugural Diamniadio-Dakar en grande pompe. Mais les travaux sont loin d’être achevés.

La réception du Train express régional (TER) qui, dans un premier temps, reliera en quarante-cinq minutes Dakar à Diamniadio (36 km), se fera dans les délais annoncés depuis le lancement des travaux par Macky Sall, en décembre 2016, mais dans la douleur.

Jusqu’aux dernières heures de la matinée, les ouvriers étaient à pied-d’œuvre pour procéder aux derniers réglages sur les sites de la gare de Dakar et de Colobane, où se trouvent respectivement la gare et le centre de maintenance. Un voyage inaugural en provenance de Diamniadio est attendu dans l’après-midi à la gare centrale de la capitale sénégalaise. Pour le moment, sur les quinze trains du parc de matériel roulant commandés auprès du constructeur français Alstom à l’issue d’un appel d’offres international, deux seulement ont été réceptionnés à Dakar.

Coût jugé « exorbitant »

Un des projets phares du président Macky Sall et du PSE, conçu pour desservir la ville nouvelle de Diamniadio et la grande banlieue dakaroise, le TER aura au total coûté 656 milliards de francs CFA (1 milliard d’euros) dans sa phase 1, selon les chiffres fournis par les services de la Primature sénégalaise. Si le gouvernement a mis dans ce premier tronçon 110 milliards de F CFA, les bailleurs internationaux (BID, BAD, AFD, etc.) ont, quant à eux, décaissé 458 milliards de FCFA.

L’opposition politique attaque régulièrement le gouvernement sur le coût jugé « exorbitant » du projet – plus de 1 000 milliards de FCFA, à l’en croire – et en estimant qu’un tel montant aurait pu servir à réhabiliter la ligne ferroviaire moribonde Dakar-Kidira (frontière malienne), portion sénégalaise du Dakar-Bamako. Le second tronçon du TER – pour lequel aucun calendrier n’a encore été dévoilé – reliera sur une distance de 16,5 km Diamniadio à l’aéroport international Blaise-Diagne de Diass (AIBD).

Sept trains supplémentaires seront acquis dans le cadre de cette 2e phase dont « les études de faisabilité détaillées ont été déjà réalisées pour gagner du temps. Il ne reste que la mobilisation des financements », selon Macky Sall.

Selon ce dernier, l’exploitation commerciale du TER sera effective dans quelques mois. « Il reste à finaliser quelques détails techniques, logistiques, sécuritaires, de sûreté… ». « Pas avant six mois », disent certains.

Le tarif annoncé est de 1 500 FCFA (2,29 euros) en aller simple.

Gestion par les français SNCF et RATP

Ce premier train rapide de l’histoire du pays, qui fonctionne à l’électricité et au diesel, devra transporter environ 115 000 passagers par jour et desservir, outre les gares principales de Diamniadio et de Dakar, quatorze stations de banlieue (Bargny, Rufisque, Keur-Mbaye-Fall, Thiaroye, Pikine, Hann, etc.).

Divers maîtres d’œuvre sélectionnés à la suite d’une mise en concurrence internationale prennent part à la réalisation de ce projet, comme le consortium international franco-sénégalo-turc Eiffage GC/Eiffage Sénégal/Eiffage Rail/Yapi Merkezi/ Compagnie sahélienne d’entreprises (CSE) et les groupements français (et sénégalais) Engie Ineo/Thalès et Nge/Tso/Cim/Cde (Sénégal).

L’exploitation du TER, en vertu d’un Contrat d’exploitation et de maintenance d’une durée minimale de cinq ans, est confiée au groupement Société nationale des chemins de fer français (SNCF)/ Régie autonome des transports parisiens (RATP), constitué sous la forme d’une société de droit sénégalais.

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