Politique

Guinée : reprise des cours après trois mois de grève des enseignants

Dans une salle de classe du quartier de Hafia, à Conakry, en 2012 (archives). © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

Les cours ont repris lundi dans les écoles primaires et secondaires, après la signature d'un accord mettant fin à un mouvement de grève de plus de trois mois de grève enseignants lié à des revendications salariales.

Le mouvement de grève, lancé à la rentrée d’octobre, avait été suivi dans de nombreux établissements, avant de connaître un certain essoufflement depuis le début de l’année.

Lundi, au lycée de Donka, l’un des plus grands de Conakry, élèves et enseignants se bousculaient à l’heure de la cloche devant le grand portail et dans les escaliers, sourire aux lèvres.  « Monsieur, il y a longtemps qu’on ne s’est pas vu, ça a été ? », lance un élève à un professeur, l’air goguenard. « Vous avez vu comment ces enfants-là sont indisciplinés ? Ils veulent savoir si notre grève a été concluante », explique ce professeur, Ismaël Diakité, après avoir lancé un sonore « Rentrez en classe! » à ses élèves.

Le ministre de l’Éducation nationale, Mory Sangaré, a « vraiment retrouvé le sourire ce matin »

Au Lycée de Kipé, qui compte plus de 1 500 inscrits, « c’est le moment des évaluations sur le peu de matières enseignées et les leçons vues » depuis octobre, explique le directeur des études, Simithy Bah. Le ministre de l’Éducation nationale, Mory Sangaré, a « vraiment retrouvé le sourire ce matin » en observant depuis son bureau les élèves du lycée du 2-Octobre, établissement réputé ayant formé de nombreux cadres guinéens situé sous ses fenêtres, a expliqué un membre de son entourage.


>>> À LIRE – Guinée : pourquoi les enseignants sont-ils en grève ?


À l’origine du mouvement, le puissant Syndicat des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) accusait le gouvernement de n’avoir pas respecté l’accord qui avait mis fin en mars à une précédente grève de plus d’un mois.

Déblocages du salaire des enseignants

Cet accord prévoyait l’application d’une augmentation des salaires de 40% décidée en 2017 et l’ouverture de négociations « sur un salaire de base de tous les enseignants de huit millions de francs guinéens » (762 euros). Le gouvernement affirmait de son côté que la masse salariale dans l’Éducation avait plus que triplé depuis 2011, en raison de la revalorisation du salaire de base et de l’embauche de nouveaux enseignants.

Parmi les principaux points négociés figurent le déblocage des salaires des enseignants gelés pendant les trois mois de grève, l’absence de poursuites contre les grévistes et la mise en place à partir du 21 janvier d’une commission mixte gouvernement-syndicats chargée de réviser la liste des fonctionnaires de l’Éducation. Les économies réalisées à l’issue de cette opération doivent permettre l’augmentation des salaires, sans augmentation de la masse salariale.

Les enseignants feront également partie, avec les médecins et les magistrats, des bénéficiaires prioritaires du programme de logements sociaux du gouvernement. « Ils nous parlent de logements sociaux, alors qu’ils savent que ce projet ne verra pas beaucoup d’entre nous en vie », estime un enseignant, Bangaly Camara, qui se dit « personnellement déçu du gouvernement guinéen ».

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