Elections

Présidentielle au Sénégal : Karim Wade et Khalifa Sall écartés par le Conseil constitutionnel, cinq candidats confirmés

Karim Wade (à gauche) et Khalifa Sall. © Vincent Fournier/Sylvain Cherkaoui/JA

Les sept sages ont publié, ce 14 janvier, la liste des cinq candidatures validées pour la présidentielle. Khalifa Sall et Karim Wade n'y figurent pas.

Le Conseil constitutionnel sénégalais a rendu sa copie. Après l’examen des dossiers administratifs des sept candidats encore en lice suite à l’étape des parrainages, les sept sages ont publié, le 14 janvier, la liste des candidatures jugées recevables pour la présidentielle du 24 février 2019, que Jeune Afrique a pu consulter au siège du Conseil constitutionnel.

Sur les 27 dossiers initialement déposés en décembre, le Conseil a finalement validé cinq candidatures : celle du président sortant Macky Sall (coalition Benno Bokk Yakaar), d’Issa Sall (PUR), d’Ousmane Sonko (Pastef), de Madické Niang (dissident du PDS) et d’Idrissa Seck (Rewmi).

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Khalifa Sall et Karim Wade écartés

Après des mois d’attente et d’affrontements médiatiques autour de leurs cas respectifs, Khalifa Sall (Taxawu Senegaal) et Karim Wade (PDS), dont les dossiers de parrainages avaient été validés au premier examen, ont finalement été mis hors course.

Concernant le rejet de la candidature de Khalifa Sall, les juges du Conseil constitutionnel (voir document ci-dessous) s’appuient sur la confirmation en appel de la condamnation de l’ancien maire de Dakar à cinq ans de prison ferme et 5 millions de F CFA d’amende, le 30 août 2018, notamment pour escroquerie aux deniers publics. Saisie d’un pourvoi en cassation, la Cour suprême a débouté cet ultime recours de Khalifa Sall le 3 janvier 2019.

Or, écrivent les sept sages, « lorsqu’un citoyen est condamné à une peine impliquant sa radiation des listes, il est frappé d’une incapacité électorale qui a pour effet de le priver de son droit de vote ». « Khalifa Sall ne peut plus se prévaloir de la qualité d’électeur », lit-on encore dans le document du Conseil constitutionnel, qui conclut : « Il y a lieu de déclarer la candidature de Khalifa Ababacar Sall irrecevable. »

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Une présidentielle à 5

Le même type d’arguments est avancé pour motiver le rejet de la candidature de Karim Wade. Cette fois, dans leurs attendus, les sages rappellent la condamnation du fils de l’ancien président sénégalais à six ans de prison ferme, le 23 mars 2015. Une condamnation dont la défense de l’intéressé fait valoir qu’elle ne l’a pas privé de ses droits civiques.

Mais selon le Conseil constitutionnel, la candidature de Karim Wade est invalidée du fait de l’absence dans son dossier de « la photocopie légalisée de la carte d’identité biométrique Cedeao faisant office de carte d’électeur ». Un tel document a pourtant bel et bien été déposé, mais la carte dont la photocopie est produite comporte la mention : « personne non inscrite sur le fichier électoral », notent les juges, qui soulignent que le dossier « ne comporte pas le numéro de la carte d’électeur » de Karim Wade. « En l’absence dans le dossier de toute autre mention permettant de déterminer ce numéro, la déclaration de candidature n’est pas valable », écrivent-ils.

Cinq compétiteurs pour la magistrature suprême : la situation ne s’était pas vue depuis 1988, où seuls quatre concurrents s’étaient affrontés. Ils étaient en effet quatorze en 2012, quinze en 2007 et huit en 2000 et en 1993.

Selon l’article L.122 du code électoral, les candidats écartés ont désormais 48 heures pour déposer un recours devant le Conseil constitutionnel.

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