Politique

« Djandjo » pour Konaré !

Par - Yaya Traoré
Mis à jour le 26 mai 2008 à 17:03

Héritier de Nkrumah, continuateur du combat de Cheikh Anta Diop, qui avait en son temps prôné l’unité de l’Afrique – avant « l’ossification » des frontières -, Alpha Oumar Konaré a fait un formidable travail à la tête de la Commission de l’Union africaine. Un travail dont la vraie portée sera appréciée à long terme.
La construction unitaire africaine est un travail de visionnaire mais aussi de fourmi : il n’y a pas de miracles en la matière. Ainsi, malgré le manque de moyens et la faible marge de manoeuvre, Konaré a largement contribué à crédibiliser l’institution d’Addis-Abeba. Son plus grand mérite est d’avoir prouvé que la symbolique de l’UA préfigure l’aura future du continent mais aussi son poids sur l’échiquier mondial.
À l’heure des chocs telluriques, des conflagrations de dimension régionale et de l’émergence de nations ambitieuses comme la Chine, l’arrimage au monde de l’Afrique passe par un nécessaire renforcement des capacités d’autogestion du continent. Le temps des convergences stratégiques profilera le destin d’un continent dont la dignité est aujourd’hui bafouée. Mais n’oublions surtout pas que le défi majeur de l’UA n’est pas de fustiger l’Occident mais bien de renforcer la démocratie sur le continent.
Avec autant d’expérience et après avoir tiré les leçons des limites de son action à la tête de la Commission, Konaré doit désormais s’appuyer sur la société civile afin d’aider au mieux son successeur ainsi que l’Afrique et la jeunesse. L’afro-optimisme exalté ou l’afro-pessimisme suicidaire et démissionnaire ne mènent à rien : seul l’afro-volontarisme est la clé du succès, un mariage efficace entre l’idéal et l’action. Comme on dit au Mali : Djandjo pour le militant panafricaniste Konaré !