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L’Afrique subsaharienne en ligne de mire

Comment les grandes sociétés du Golfe utilisent l’argent du pétrole pour diversifier leurs investissements et pénétrer les marchés maghrébins.

Par - Philippe Perdrix
Mis à jour le 26 mai 2008 à 17:03

Le Sénégal a été le premier pays d’Afrique subsaharienne à frapper à la porte des pays du Golfe. Avec un certain succès. Outre les travaux lancés à l’occasion du sommet de l’Organisation de la conférence islamique, qui s’est tenu en mars dernier, plus de 100 milliards de F CFA (152,4 millions d’euros) ont été engagés dans différents aménagements routiers autour de Dakar. Ce tropisme « islamique » n’est pas sans conséquence pour les autres partenaires du pays. En lieu et place d’une plate-forme industrielle que devaient financer les Américains, Dakar a préféré confier l’exploitation et le développement d’une zone économique spéciale au groupe émirati Jebel Ali Free Zone. Le prochain aéroport international Blaise-Diagne va être construit par la société saoudienne de BTP Ben Laden. La concession du port de Dakar a été attribuée à Dubai Ports World (DP World), aux dépens de Bolloré, présent depuis quatre-vingts ans.
Les Émiratis ne comptent pas s’arrêter là. La Banque islamique de développement (BID) prévoit d’engager 2 milliards de dollars d’ici à 2010 dans des projets au Mali, au Gabon, en Guinée et au Togo. Quant à la Côte d’Ivoire, le Premier ministre, Guillaume Soro, en tournée dans les pays du Golfe du 28 avril au 7 mai, a signé un protocole avec la BID de 40 milliards de F CFA (eau et infrastructures) et a été reçu par Sultan Ahmed Ibn Sulayem, le président de DP World. Vincent Bolloré, également implanté à Abidjan, n’a qu’à bien se tenir…