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Cet article est issu du dossier «Présidentielle en RDC : l'alternance, et après ?»

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Présidentielle en RDC : joie et contestations après l’élection de Félix Tshisekedi

Félix Tshisekedi, le leader de l'UDPS, a été donné vainqueur de la présidentielle par les résultats provisoires de la Ceni, le 10 janvier 2019 à Kinshasa

Félix Tshisekedi, le leader de l'UDPS, a été donné vainqueur de la présidentielle par les résultats provisoires de la Ceni, le 10 janvier 2019 à Kinshasa © Reuters

L’annonce des résultats provisoires de la présidentielle par la Commission électorale nationale (Ceni) a suscité de vives réactions. Félix Tshisekedi est élu président de la République démocratique du Congo. Martin Fayulu arrive deuxième, suivi de Emmanuel Ramazani Shadary. Retour sur les heures qui ont suivi cette proclamation.

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· Félix Tshisekedi a été déclaré vainqueur de la présidentielle par la Ceni, avec  38,57% des suffrages exprimés. Martin Fayulu arrive deuxième, avec 34,83%, devant Emmanuel Ramazani Shadary (23,84%).

· « Aujourd’hui, nous pouvons dire que la vérité des urnes a triomphé », a déclaré Félix Tshisekedi après l’annonce des résultats provisoires. Quant-à Joseph Kabila, il a déclaré qu’il convenait désormais de « ne plus le considérer comme un adversaire, mais plutôt comme un partenaire de l’alternance démocratique dans notre pays ».

· Martin Fayulu conteste les résultats et n’exclut pas la possibilité de déposer un recours devant la Cour constitutionnelle.

· La Cenco « prend acte des résultats de la Ceni mais note qu’ils ne correspondent pas aux données en possession de l’Église ».


19 h 45 – La Majorité présidentielle félicite Félix Tshisekedi

« La Majorité présidentielle saisit cette occasion pour féliciter Mr Félix Tshisekedi Tshilombo en sa qualité de président élu de la République démocratique du Congo », a déclaré dans un communiqué André-Alain Atundu Liongo, le porte-parole de la Majorité présidentielle (MP).

« Au regard des tendances constantes à travers toutes les circonscriptions électorales relevées par notre centrale électorale, il est évident que la Majorité présidentielle gardera son statut de plus grand ensemble politique au sein de la prochaine Assemblée nationale et ce, avec une confortable majorité ».

15 h 50 – Le FCC « prend acte » de la défaite d’Emmanuel Ramazani Shadary

Emmanuel Ramazani Shadary lors du scrutin présidentiel en RDC du 30 décembre 2018.

Emmanuel Ramazani Shadary lors du scrutin présidentiel en RDC du 30 décembre 2018. © Jerome Delay/AP/SIPA

« Le Front commun pour le Congo prend acte des résultats de ces élections », a-t-il annoncé dans un communiqué publié en milieu d’après-midi. Des résultats qui marquent, selon le parti de Joseph Kabila, « l’aboutissement d’un processus laborieux qui a déjoué tous les pronostics ».

« Là où les ennemis de la paix nationale avaient prédit l’échec, la confusion et l’apocalypse, ce sont plutôt la sérénité et le calme qui ont été observés », assure le parti qui défendait la candidature d’Emmanuel Ramazani Shadary, dauphin du président sortant, dont le nom n’est cependant pas cité une seule fois dans le document.

À l’inverse de Joseph Kabila, dont le FCC estime qu’il « a autant respecté la Constitution du pays, que permis à ce que ce troisième cycle électoral se déroule de manière démocratique, crédible et transparente et se tienne dans la paix », lit-on également dans ce communiqué.

Le FCC conclut être « en train de réunir tous les éléments pour apprécier l’adéquation de ceux-ci avec les résultats proclamés par la Ceni et, le cas échéant, lui permettre d’envisager la saisine de la Cour constitutionnelle.

14 h 20 – Cyril Ramaphosa « exhorte toutes les parties à s’abstenir de spéculer »

Cyril Ramaphosa début novembre 2018.

Cyril Ramaphosa début novembre 2018. © Gianluigi Guercia/AP/SIPA

Le président sud-africain « exhorte toutes les parties, régionales et internationales, à s’abstenir de spéculer et à permettre à la Ceni de mener à bien le processus », selon un communiqué de presse diffusé sur le site de la présidence sud-africaine.

Là où le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a émis des doutes face aux résultats provisoires proclamés par la Ceni, Cyril Ramaphosa se montre plus prudent. Il « prend note des résultats provisoires » et « demande à la Ceni de finaliser rapidement le processus pour assurer la crédibilité de l’élection et maintenir la paix et la stabilité ».

14 h 10 – Moussa Faki Mahamat (UA) enjoint à « préserver la paix dans le pays »

Moussa Faki Mahamat, le 23 mai 2018 à Bruxelles.

Moussa Faki Mahamat, le 23 mai 2018 à Bruxelles. © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a « pris connaissance des résultats provisoires de l’élection présidentielle » en RDC, selon un communiqué de l’institution.

Adressant ses « ses félicitations au peuple, aux acteurs politiques, à la société civile et aux institutions compétentes (…) pour la tenue des élections dans des conditions jugées satisfaisantes par la mission d’observation électorale de l’Union africaine dirigée par le Président Dioncounda Traoré », Moussa Faki Mahamat enjoint les acteurs du processus électoral à « agir de façon à consolider la démocratie et à préserver la paix dans le pays. »

Et d’ajouter : « Il est important que toute contestation des résultats proclamés, notamment celle portant sur leur non conformité avec la vérité des urnes, se fasse pacifiquement, par le recours aux procédures prévues par les textes en vigueur et le dialogue politique entre toutes les parties prenantes. »

13 h 25 – Pour la Conférence épiscopale « les résultats ne correspondent pas aux données de l’Église »

Donatien Nshole

La Cenco « prend acte de la publication des résultats provisoires de l’élection présidentielle qui, pour la première fois dans l’histoire récente du pays, ouvrent la voie à l’alternance », a déclaré Donatien Nshole, secrétaire général de l’organisation. « Cependant, nous constatons que les résultats de la Ceni ne correspondent pas aux donnés en possession de l’Église ».

Il s’est cependant refusé à livrer le nom du vainqueur selon ces chiffres qu’il avait déjà évoqués lors d’une conférence de presse le 3 janvier, en appelant la Ceni à respecter le vote des Congolais. « Il n’appartient pas à l’Église de dévoiler ce nom, car ce n’est pas dans ses missions », a-t-il ajouté, lançant un appel à « la maturité civique » et plaidant pour « éviter tout recours à la violence ».

Donatien Nshole a également exhorté différentes parties « à user des moyens de droit conformément à la Constitution et à la loi électorale » en cas de contestation des résultats.

13 h 15 – Le Front commun pour le Congo (FCC)  s’exprimera à 15 heures

Le FCC s’exprimera par la voix de Banabé Kikaya Bin Karubi, un des porte parole de d’Emmanuel Ramazani Shadary. Le dauphin de Joseph Kabila est arrivé troisième, avec 4 357 359 voix (23,84%).

13 h 10 – Jean-Pierre Bemba : ces résultats sont une « fabrication »

Jean-Pierre Bemba à Kinshasa lors des élections de 2006 (photo d'illustration).

Jean-Pierre Bemba à Kinshasa lors des élections de 2006 (photo d'illustration). © JEROME DELAY/AP/SIPA

« Ce qui est sorti ne reflète pas la vérité des urnes. C’est une fabrication. Martin Fayulu a fait une déclaration qui reflète ce que nous pensons tous », à confié à Jeune Afrique Jean-Pierre Bemba, leader du Mouvement de libération du Congo (MLC) et membre de l’alliance Lamuka (« Réveille-toi », en lingala). « Certains centres de compilation, à l’intérieur du pays, n’ont même pas commencé leur travail. Cela prouve que ces chiffres ont été tirés d’on ne sait où. Ce qui s’est passé est monstrueux », a-t-il insisté.

Après l’invalidation de sa candidature le 3 septembre 2018, Jean-Pierre Bemab a apporté son soutien à la candidature de Martin Fayulu, aux côtés notamment de Moïse Katumbi. Pour lui, « les Congolais et la communauté internationale vont vite se rendre compte que Félix Tshisekedi n’est qu’une marionnette ».

11 h 30 – Le pouvoir « prend acte » du résultat

Lambert Mende Omalanga représente le pouvoir congolais depuis bientôt dix ans.

Lambert Mende Omalanga représente le pouvoir congolais depuis bientôt dix ans. © Vincent Fournier/JA

« Nous sommes déçus par le mauvais score qui nous est attribué, mais nous prenons acte de la proclamation provisoire qui a été faite par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Nous verrons le cas échéant, comment introduire des recours par des voies légales », a déclaré Lambert Mende, porte-parole du Front commun pour le Congo (FCC, coalition au pouvoir) qui soutient le candidat Emmanuel Ramazani Shadary.

11 h 10 – La conférence des évêques

Tous les regards sont désormais tournés vers la Cenco, qui tiendra une conférence de presse à 12h30. Le 3 janvier, une semaine avant la publication des résultats, l’abbé Donatien Nshole, son secrétaire général, avait affirmé que « les données en sa possession consacrent le choix d’un candidat comme président de la République ».

La Ceni « est appelée en tant qu’institution d’appui à la démocratie, de publier, en toute responsabilité, les résultats des élections dans le respect de la vérité et de la justice », avait-il ajouté, avant d’appeler le peuple congolais à « demeurer vigilant pour l’aboutissement heureux du processus ».


>>> À LIRE – Élections en RDC : la Conférence épiscopale dit posséder le nom du vainqueur


10 h 30 – L’appel au calme de l’ONU

Dans un tweet, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres « prend note de l’annonce faite par la Ceni. (…) Il félicite le peuple congolais et réitère l’appui et l’engagement continus de l’ONU à la paix et la stabilité en RDC. »

Son porte-parole, Stéphane Dujarric, a déclaré depuis New York : « Le secrétaire général appelle toutes les parties prenantes à s’abstenir d’actes violents et à régler tout contentieux électoral par les mécanismes institutionnels établis conformément à la Constitution de la République démocratique du Congo et aux lois électorales pertinentes ».

« Il exprime le vœu que la Ceni, la Cour constitutionnelle, le Gouvernement, les partis politiques et la société civile s’élèveront chacun à la hauteur de leur responsabilité dans le maintien de la stabilité et des pratiques démocratiques en République démocratique du Congo. »

 7 h 20 – Jean-Yves Le Drian émet des doutes sur les résultats de la Ceni

« Les élections se sont déroulées à peu près dans le calme, ce qui est une bonne chose, mais il semble bien que les résultats proclamés (…) ne soient pas conformes aux résultats que l’on a pu constater ici ou là, parce que la conférence épiscopale du Congo a fait des vérifications et annoncé des résultats qui étaient totalement différents », a déclaré Jean-Yves Le Drian sur CNews.

« Je pense qu’il faut qu’on garde son calme, qu’on évite les affrontements et puis que la clarté soit faite sur ces résultats qui sont inverses à ce que l’on imaginait », a poursuivi Jean-Yves Le Drian. La France, a-t-il ajouté, a saisi le Conseil de sécurité des Nations unies en fin de semaine dernière « pour que les résultats constatés soient les résultats réels ».

« Monsieur Fayulu était a priori le leader sortant de ces élections », a-t-il ajouté.

7 h – Martin Fayulu conteste les résultats

L'opposant Martin Fayulu, arrivé deuxième selon les résultats de la Ceni, le 10 janvier 2019.

L'opposant Martin Fayulu, arrivé deuxième selon les résultats de la Ceni, le 10 janvier 2019. © Jerome Delay/AP/SIPA

Une escroquerie inacceptable de nature à provoquer des désordres généralisés

« Vous savez que cette proclamation est le fruit des résultats trafiqués, inventés et fabriqués de toute pièce dans les officines du FCC [ Front commun pour le Congo …. de Joseph Kabila ]. Il s’agit d’une escroquerie inacceptable de nature à provoquer des désordres généralisés sur l’ensemble du territoire national », a lancé le candidat de la coalition Lamuka.


>>> À LIRE – Présidentielle en RDC : Martin Fayulu dénonce un « hold-up électoral »


Le candidat , qui n’exclut pas la possibilité de déposer un recours devant la Cour constitutionnelle, a demandé à l’influente conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et à l’Eglise du Christ au Congo (ECC) de « révéler » le nom de celui qui a « réellement incarné » le choix des urnes.

4 h – Félix Tshisekedi : « Je serai le président de tous les Congolais »

Félix Tshisekedi, quelques instants après la proclamation de sa victoire par la Ceni, dans la nuit du 9 au 10 janvier 2019.

Félix Tshisekedi, quelques instants après la proclamation de sa victoire par la Ceni, dans la nuit du 9 au 10 janvier 2019. © REUTERS/Olivia Acland

Aujourd’hui, nous pouvons dire que la vérité des urnes a triomphé

« Je sais que pour beaucoup d’entre nous, c’est difficile à accepter. Mais je le dis, je rends hommage au président Joseph Kabila », a lancé Félix Thsisekedi à ses partisans, rassemblés à son QG de campagne, dans les minutes qui ont suivi la proclamation des résultats provisoires. « Aujourd’hui, nous ne devons plus le considérer comme un adversaire, mais plutôt comme un partenaire de l’alternance démocratique dans notre pays. »

« Tout le monde pensait que l’on allait arriver à l’affrontement, à l’effusion de sang. Personne ne pouvait imaginer un tel scénario, et surtout un scénario au cours duquel un candidat de l’opposition allait sortir victorieux », a-t-il ajouté, saluant la Ceni, et en particulier son président, Corneille Nangaa. « Malgré les critiques et malgré les menaces, [il] est allé au bout de sa logique. »

« Aujourd’hui, nous pouvons dire que la vérité des urnes a triomphé », a-t-il martelé, en réponse à la polémique déclenchée par la Cenco qui, une semaine avant la publication des résultats, avait affirmé que « les données en sa possession consacrent le choix d’un candidat comme président de la République » et enjoint à la Ceni de respecter « la vérité et la justice ».

S’adressant aux « deux grands candidats », Martin Fayulu et Emmanuel Ramazani Shadary, le président élu, selon les résultats provisoires, a lancé : « Je sais qu’ils sont traversés par la déception et l’amertume. Je voudrais les rassurer pour leur dire que cette victoire est aussi la leur. »

Et d’ajouter : « Je serai le président de tous les Congolais. (…) Je ne serai pas le président d’une organisation politique, le CACH, je ne serai pas le président d’un parti politique, l’UDPS, d’une tribu, la tribu des Loubas. »

3 h  – Félix Tshisekedi déclaré vainqueur par la Ceni

Des supporters de Félix Tshisekedi dans les rues de Kinshasa pour célébrer la victoire de leur candidat.

Des supporters de Félix Tshisekedi dans les rues de Kinshasa pour célébrer la victoire de leur candidat. © Jerome Delay/AP/SIPA

À la surprise générale et au terme d’un long suspense, Félix Tshisekedi a été déclaré vainqueur de la présidentielle du 30 décembre en RDC. Le leader de l’UDPS, parti de son père – l’opposant historique Étienne Tshisekedi – a enregistré 38,57% des suffrages exprimés, selon les chiffres de la Ceni. Martin Fayulu arrive en deuxième position avec 34,83%, devant Emmanuel Ramazani Shadary, troisième, avec 23,84%.

Corneille Nangaa, le président de la Ceni, a déclaré que le taux de participation était de 47,56%.  Sur près de 40 millions d’électeurs congolais attendus, 18 329 318 ont pu voter le 30 décembre dernier. 

Ces résultats provisoires, qui pourront faire l’objet de recours devant la Cour constitutionnelle, ont été rendus publics à 3 heures du matin, au terme d’une longue journée et d’une nuit d’attente.


>>> À LIRE – Présidentielle en RDC : Félix, l’autre Tshisekedi


Dès l’annonce des résultats, des partisans de Félix Tshisekedi ont manifesté leur joie dans les rues de les rues de Kinshasa et devant le quartier général de l’UDPS.

 

Des supporters de Felix Tshiseked le 10 janvier 2019.

Des supporters de Felix Tshiseked le 10 janvier 2019. © Reuters

 

 

 

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