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Cet article est issu du dossier «CAN 2019 : le grand cafouillage»

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Football

Stades, ambiance, climat… à quoi faut-il s’attendre pour la CAN 2019 en Égypte ?

La sélection égyptienne de football, le 8 octobre 2017. © Nariman El-Mofty/AP/SIPA

L’Égypte a été choisie mardi 8 janvier pour organiser la prochaine Coupe d'Afrique des nations, qui se déroulera du 15 juin au 13 juillet 2019. À quels infrastructures ou climat s'attendre, dans ce pays d’Afrique du Nord qui a déjà accueilli à cinq reprises la compétition ?

La Confédération africaine de football (CAF) avait le choix entre le nord du continent, symbolisé par la candidature égyptienne, et son extrémité, portée par le recours sud-africain, déjà actionné en 2013, quand la Libye avait d’autres priorités que d’organiser la CAN.


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Le curseur s’est finalement déplacé vers l’Égypte, qui accueillera pour la cinquième fois – après 1959, 1974, 1986 et 2006 – le tournoi le plus couru d’Afrique. L’histoire rappelle qu’à l’exception de 1974, les Pharaons ont toujours fait la loi chez eux, et il n’y a aujourd’hui plus de raison de ne pas faire d’eux l’un des favoris de la prochaine édition, surtout avec un certain Mohamed Salah comme chef de file.

Infrastructures et sécurité : « pas de soucis »

L’Égypte a reçu l’élite du football africain quand la CAN se disputait à trois (1959), à huit (1974 et 1986) et à seize (2006). Le pays aura donc le privilège d’organiser la première phase finale à 24, dans quatre ou cinq villes, puisque les sites du Caire, d’Alexandrie, de Port-Saïd, de Suez et d’Ismaïlia sont évoqués. Au niveau de ses infrastructures, le pays dispose des stades nécessaires : certaines enceintes, dont celle de Borg Al Arab, près d’Alexandrie, sont très récentes et donc fonctionnelles.

« Il y aurait même de quoi tout faire au Caire, où le Stade international finit d’être rénové », résume Patrice Carteron, qui connaît bien la mégapole cairote, pour y avoir entraîné le Wadi Degla SC (janvier-novembre 2016) et Al-Ahly (mai-décembre 2018). « Les équipes qui vont participer à la CAN n’ont pas de soucis à se faire quant à la qualité des infrastructures sportives : il y a des stades modernes, les pelouses sont en général de qualité et il y a assez de complexes sportifs, dont certains appartiennent à l’armée, avec de bons terrains pour s’entraîner », poursuit le technicien français.

Tout s’était bien passé : au niveau de l’hébergement, de la qualité des structures d’entraînement, des stades, des déplacements et de la sécurité

La dernière fois que le pays avait organisé la Coupe d’Afrique des nations ne remonte jamais qu’à 2006, dans six stades : deux au Caire, deux à Alexandrie, un à Port-Saïd et un à Ismaïlia. L’ancien gardien de la Côte d’Ivoire, Gérard Gnanhouan, en conserve un bon souvenir : « On avait joué tous nos matches au Caire, hormis la demi-finale à Alexandrie face au Nigeria (1-0). Tout s’était bien passé : au niveau de l’hébergement, de la qualité des structures d’entraînement, des stades, des déplacements au Caire et à Alexandrie et de la sécurité. À l’époque, la situation était nettement moins tendue qu’aujourd’hui, mais je me souviens que les autorités avaient mis beaucoup de moyens pour que la sécurité soit maximale. Hormis le jour de la finale, où nous avions mis plus d’une heure pour aller de notre hôtel au Stade international, tout s’était bien déroulé. »

« Les Égyptiens ont faim de football »

Des arguments repris par Ali Boumnijel, le gardien des Aigles de Carthage tunisiens, champions d’Afrique deux ans plus tôt. « Notre groupe jouait ses rencontres à Alexandrie et Port-Saïd, dans des contextes différents du Caire, où tout est surdimensionné. L’organisation était bonne. On sentait que ce pays a l’habitude d’accueillir des événements d’importance. Au niveau de l’ambiance, c’était assez sympa. Bon, étant donné qu’il existe un petit antagonisme entre l’Égypte et la Tunisie, les supporteurs locaux avaient une certaine tendance à encourager nos adversaires, mais il n’y avait pas de grosse hostilité. À aucun moment, je ne me suis senti en danger », explique-t-il.


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En 2006, la CAN s’était disputée devant des tribunes parfois bien garnies, parfois clairsemées (715 000 spectateurs, soit 22 300 en moyenne). « L’Égypte est un grand pays de foot. Les amateurs de ce sport ont dû se contenter pendant des années des matchs de la sélection et des compétitions continentales pour aller au stade, car le championnat se déroulait encore il y a peu à huis clos. Désormais, les spectateurs sont autorisés à venir, en nombre restreint. Au niveau de la sécurité dans les stades, il y a beaucoup moins de problèmes qu’avant. Je pense que les Égyptiens ont faim de football de haut niveau, et que les stades seront bien remplis. Mais comme pour chaque CAN, le succès dépendra avant tout des résultats de la sélection locale », pronostique Patrice Carteron.

« Jusqu’à 35 ou 40 degrés en journée »

Le seul élément que ni la CAF ni les autorités égyptiennes ne pourront gérer est le climat. En juin et juillet, le mercure peut grimper très haut. « On peut aller jusqu’à 35 ou 40 degrés en journée », admet Carteron. La CAF a assuré que les matchs auront lieu en soirée, quand la température est plus favorable à la pratique du football.

« Je me souviens d’un match que nous avions disputé en juin avec la Tunisie. C’était en journée et c’était presque intenable. J’espère pour les joueurs que les rencontres auront effectivement lieu en soirée », commente Ali Boumnijel. Djamel Belmadi, le sélectionneur de l’Algérie, avait déclaré fin décembre que pour des raisons climatiques, il préférait en cette saison une CAN en Afrique du Sud. Une prochaine fois peut-être…

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