Société

Maroc : 2 000 puits clandestins fermés dans l’ex-cité minière de Jerada

Un mineur dans une galerie d'extraction de charbon le 4 février 2018 à Jérada. © AP/SIPA

Un total de 2 000 puits de charbon clandestins ont été fermés en 2018 dans l'ancienne cité minière de Jerada dans le nord-est du Maroc, agitée l'an passé par des protestations après la mort de deux mineurs dans un de ces puits.

Les autorités marocaines ont « fermé 2 000 puits abandonnés et exploités clandestinement sur un total de 3 500 », a fait savoir mercredi le ministère de l’Energie et des mines au cours d’une rencontre avec la presse, en promettant de fermer cette année les 1 500 puits restants.

Bastion de la lutte syndicale au Maroc, Jerada a été touchée par la disparition de son activité principale à la fin des années 1990, avec la fermeture d’une importante mine de charbon, jugée non rentable et qui employait alors quelque 9000 ouvriers.

Malgré la fermeture de la mine, des centaines d’hommes continuent de s’aventurer quotidiennement dans des puits désaffectés pour extraire du charbon de façon artisanale et le vendre à des négociants locaux, surnommés localement les « barons » et détenteurs de permis de commercialisation.

La mort accidentelle de deux mineurs fin 2017 dans un puits désaffecté de Jerada avait entraîné de grandes manifestations en début d’année dernière, les habitants de cette ville classée parmi les plus pauvres du Maroc demandant des programmes de reconversion économique et de création d’emplois.

Projets de développement

Face à la contestation sociale, les autorités avaient annoncé une série de mesures pour relancer l’économie locale, promis de fermer les puits abandonnés, présenté un plan de reconversion pour créer des emplois et interdit toute « manifestation illégale ».


>>> À LIRE – Maroc : Jérada, chronique d’une colère annoncée


Ces annonces n’ont toutefois pas stoppé les activités minières dans les puits abandonnés de Jerada et au moins neuf décès accidentels ont été enregistrés au cours de l’année 2018, dont cinq en novembre.

L’an dernier, les mouvements de protestation ont débouché sur des heurts avec la police et 95 personnes avaient été arrêtées. Les procès qui ont suivi ont déjà vu 44 des prévenus, pour la plupart des jeunes, condamnés à des peines de prison.

Parallèlement, un total de 26 « permis d’exploitation à titre exceptionnel » ont été accordés en 2018 à des « jeunes de la région qui se sont regroupés dans des coopératives avec le soutien des autorités », selon le bilan présenté mercredi par le ministère.

Des projets d’industrie et d’agriculture doivent également être achevés en 2020, pour un investissement de près de 82 millions d’euros, a précisé le ministère.

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