Politique

Côte d’Ivoire : Affi et Bédié adoptent une feuille de route pour la future plateforme de l’opposition

Pascal Affi N'Guessan et Henri Konan Bédié, le mercredi 9 janvier à Daoukro, dans le fief du président du PDCI. © DR / PDCI-RDA

Pascal Affi N’Guessan et Henri Konan Bédié ont établi une feuille de route commune en vue de la mise en place d'une plateforme « non idéologique » de l’opposition. Celle-ci pourrait voir le jour avant la fin du mois de janvier.

La rencontre entre Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI) et Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), était attendue. Elle est intervenue ce mercredi à Daoukro, le fief de Bédié, au lendemain d’un secrétariat exécutif du PDCI au cours duquel le « gouvernement » du parti a validé sa participation à la future plateforme de l’opposition. Surtout, elle survient à moins de trois semaines du congrès constitutif du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, du président Alassane Ouattara), censé se transformer en parti politique unifié de la mouvance présidentielle.

Quid de Guillaume Soro ?

Pour l’occasion, Pascal Affi N’Guessan était accompagné de plusieurs hauts responsables du FPI, dont l’ancienne ministre Christine Adjobi. « Tous les partis politiques qui adhèrent à l’idée de cette plateforme vont se retrouver pour tracer ensemble les sillons, pour mener ensemble les actions unitaires (…) avant l’échéance de fin janvier 2019 », a-t-il déclaré.

Les deux hommes se sont entendus sur un projet de feuille en vue de la création de cette future plateforme, que devrait intégrer des opposants et plusieurs ex-alliés de Ouattara. Des mouvements proches de Guillaume Soro sont également pressentis pour se joindre à la plateforme. Le président de l’Assemblée nationale, s’il se montre réservé vis-à-vis du RHDP, n’a pas officiellement annoncé son adhésion à la future plateforme de l’opposition.


>>> À LIRE – Côte d’Ivoire : ce que Ouattara et Soro se sont dit lors de leur tête-à-tête tendu


À en croire Affi N’Guessan, deux actions prioritaires sont prévues : « Défendre les élus locaux volés de leur victoire, afin de préparer ensemble le changement politique » et préparer « l’étape des négociations autour du code électoral ».

La plateforme rejetée par la dissidence du FPI

Début janvier, Sidiki Diakité, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité a mis sous délégation spéciale, cinq communes « conformément à la réglementation en vigueur », au motif que « les conseils desdites communes n’ayant pu être installés au 31 décembre 2018, date d’expiration des mandats des anciens conseils ». Une décision jugée « illégale, inique qui ruine tous les sacrifices consentis par les Ivoiriens pour l’avancée démocratique dans notre pays », a aussitôt dénoncé Maurice Kakou Guikahué, secrétaire exécutif du PDCI, dont le parti revendique la victoire dans trois importantes communes du sud, dont celle du Plateau (centre administratif d’Abidjan, la capitale économique), théâtre de tensions sociopolitiques depuis quelques jours.


>>> À LIRE – Côte d’Ivoire : la mise sous tutelle préfectorale du Plateau pose de nombreuses questions


Quant à la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI), la partie s’annonce difficile pour l’opposition. Alors qu’elle espère une réforme profonde non seulement de la Commission, mais aussi du Code électoral, le président Alassane Ouattara a annoncé vouloir se limiter à une recomposition de celle-ci, « conformément aux recommandations de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples ». L’organisation continentale, saisie d’une plainte de l’ONG ivoirienne Action pour la promotion et la défense des droits de l’homme (APDH), avait jugé déséquilibrée la CEI et exigé sa refonte.

Autre écueil, pour Pascal Affi N’Guessan : deux jours avant cette rencontre Bédié-Affi, Assoa Adoa, secrétaire général de la dissidence du FPI, avait tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé que Laurent Gbagbo préférait une union des responsables de la gauche ivoirienne à la plateforme « non idéologique » prônée par Bédié.

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte