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Les grandes ambitions de l’italien ENI au Congo

Par - Pascal Airault
Mis à jour le 26 mai 2008 à 17:03

Après le Canada et le Venezuela, la République du Congo a toutes les cartes en main pour devenir un pays de référence dans le domaine de l’extraction des sables bitumineux, importante source de pétrole brut de synthèse. D’ici à 2011, le groupe italien ENI investira 3 milliards de dollars pour exploiter les riches gisements de Tchikatanga et Tchikatanga-Makola, une aire de 1 790 km2 située à environ 70 km de Pointe-Noire. Elle renferme des réserves en hydrocarbures estimées aujourd’hui à 3,3 milliards de barils, ce qui place le Congo premier africain et dixième mondial dans ce secteur particulier (voir tableau). Autrefois non rentable, l’exploitation des sables bitumineux a retrouvé tout son sens avec l’augmentation du cours du baril et la raréfaction des ressources. Les experts d’ENI vont réaliser des tests complémentaires afin d’étudier les coûts d’extraction de ces sables et leur transformation, qui devrait être réalisée dans un complexe dont la cons­truction est prévue près de Pointe-Noire.
« Nous pensons augmenter notre production d’au moins 30 % dans les quatre prochaines années », a déclaré Paolo Scaroni, administrateur délégué d’ENI, à l’issue d’un entretien avec le président congolais Denis Sassou Nguesso. La compagnie italienne produit environ 85 000 barils par jour au Congo, ce qui en fait le deuxième producteur du pays, derrière le groupe français Total, qui assure les deux tiers de la production (107 millions de barils prévus en 2008). ENI a également annoncé le lancement d’un projet de biocarburants à partir du palmier à huile dans la région de Niari (ouest du pays) avec une perspective de production de 250 000 tonnes par an de biodiesel, et la construction d’une centrale électrique alimentée en gaz d’une capacité de 450 mégawatts. Selon les autorités, cette centrale, qui sera détenue à 20 % par ENI et à 80 % par l’État congolais, permettra de répondre à la demande nationale. La capacité énergétique installée du pays est actuellement de 150 mégawatts environ, tandis que les besoins sont estimés à 500 mégawatts.