Diplomatie

Diplomatie : les grands chantiers qui attendent les pays du Golfe en 2019

Le roi Salman d'Arabie saoudite (2e d.), tenant la main de l'émir du Koweït, en marge du sommet du Conseil de coopération du Golfe, dimanche 9 décembre 2018 à Riyad. © AP/SIPA

L'institut américain Gulf International Forum a publié ses prévisions 2019 pour l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, l'Irak, l'Iran, le Koweït, le Qatar, Oman et le Yémen. Parmi les grandes tendances : normalisation des relations avec Israël, poursuite de la crise du Golfe, risques de déstabilisation de l'Irak et de l'Iran.

Le document du Gulf International Forum attire d’abord l’attention sur l’âge avancé des dirigeants iranien, koweïtien et omanais. Une source potentielle d’instabilité en cas de décès de l’un d’eux, d’autant que la bataille pour la succession du guide suprême iranien Ali Khamenei (79 ans) est déjà engagée, et pourrait affaiblir la politique extérieure de la République islamique. Cette dernière devra en tout cas composer avec une économie en berne et les risques de troubles que cela génère, surtout avec le maintien probable des sanctions imposées par les États-Unis. Les manifestations observées en 2018 devraient donc se poursuivre, voire s’intensifier.


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L’Arabie saoudite, singulièrement chahutée en 2018 par l’affaire Khashoggi, ne devrait pas connaître d’important changement de leadership. Le prince héritier Mohamed Ben Salman (MBS) a laissé passer le gros de l’orage médiatique, et devrait être en mesure de poursuivre sa politique de développement des divertissements, s’assurant la loyauté de la jeunesse saoudienne.

Les auteurs sont en revanche plus sceptiques sur les capacités de diversification de l’économie saoudienne. L’ouverture du capital de l’Aramco, mesure phare de la « Vision 2030 » promue par MBS, n’aura probablement pas lieu en 2019. Concernant la guerre au Yémen, Riyad devrait réduire, voire interrompre, son engagement militaire en raison d’une pression internationale croissante – le Yémen, pays le plus pauvre du monde arabe, devrait quant à lui continuer à connaître l’instabilité, du fait de la rivalité des États engagés dans le conflit.

Plus d’IDE aux Emirats, résilience du Qatar…

De leur côté, les Émirats devraient voir les Investissements directs étrangers (IDE) augmenter sensiblement leur part dans l’économie, les investisseurs extérieurs étant dorénavant autorisés à posséder la majorité des parts des sociétés basées dans le pays. Si la succession de Mohamed Ben Zayed (MBZ) à l’émir a lieu en 2019, la question de la désignation d’un nouveau prince héritier se posera.

Le Qatar, fort de sa résilience face au blocus imposé par ses voisins, devrait poursuivre sa politique extérieure indépendante et refuser les demandes des pays qui lui imposent l’embargo – et notamment la fermeture de la chaîne Al Jazeera. L’annonce de l’instauration d’élections pour le Conseil consultatif est attendue pour 2019.

Les Saoudiens et Émiratis observeront de près les résultats de l’enquête sur l’ingérence étrangère dans l’élection de Donald Trump

En Irak, le gouvernement devrait poursuivre ses efforts pour rester à l’écart de la dispute américano-iranienne. Si la situation sécuritaire s’améliore, le territoire irakien n’est pas pour autant à l’abri d’attaques répétées de Daech. Dans cette perspective, l’armée sera amenée à intervenir de manière croissante dans l’espace frontalier avec la Syrie.

Les pays du Golfe observeront également de près les résultats de l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l’ingérence étrangère dans l’élection de Donald Trump, des personnalités saoudiennes et émiraties étant potentiellement en cause, notamment dans le financement de la campagne du président américain. Si tel était le cas, cela porterait un coup dur à la relation particulière qu’ont développé ces deux pays avec l’administration Trump.

Enfin, et malgré le rejet koweïtien d’une normalisation des pays du Golfe avec Israël, celle-ci devrait se poursuivre en 2019, sous la pression saoudienne et émiratie.

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