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Masahiko Koumura

Le ministre japonais des Affaires étrangères fait le point sur les enjeux de la IVe Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad) organisée, du 28 au 30 mai, à Yokohama.

Par - Propos recueillis par Samy Ghorbal
Mis à jour le 26 mai 2008 à 17:03

JEUNE AFRIQUE : Comment expliquez-vous que le volume global de l’aide publique au développement (APD) japonaise ait diminué de 40 % en sept ans ?

MASAHIKO KOUMURA : L’APD japonaise traverse des conditions budgétaires difficiles et elle est dans son ensemble en diminution. Cependant, le Japon considère plus que jamais le développement de l’Afrique comme un enjeu primordial, et s’engagera encore plus activement dans les programmes d’aide au développement sur le continent. Nous allons nous efforcer d’augmenter, voire même de doubler, cette aide, comme nous l’avions promis en 2005.

On a pourtant le sentiment que l’opinion japonaise se montre sceptique quant à l’utilité de l’aide à l’AfriqueÂ

Je constate, au contraire, qu’à l’approche de la quatrième Ticad l’intérêt des Japonais pour la politique d’aide à l’Afrique ne cesse d’augmenter. Dans un sondage réalisé en février 2008 par le ministère des Affaires étrangères, 79,6 % des personnes interrogées ont répondu que « c’était une question prioritaire » ou « qu’elle devait être menée activement ». Et lors des récentes délibérations à la Diète [le Parlement], nous avons également reçu le soutien réconfortant de parlementaires, qui estimaient que notre pays devait faire plus d’efforts dans sa politique d’aide à l’Afrique.

Cette année, le Japon préside le G8. Prévoit-il de dévoiler une initiative pour l’Afrique ?

La Ticad, qui débutera le 28 mai, précédera de quelques semaines le sommet du G8 de Toyako (Hokkaïdo). Elle sera placée sous le thème « Vers une Afrique qui gagne ». Le Japon désire lancer une politique d’aide qui permette à la fois l’accélération de la croissance économique, l’établissement de la sécurité humaine par la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement et la consolidation de la paix. La lutte contre le réchauffement climatique, un problème qui concerne directement l’Afrique, sera au centre des discussions du G8, et nous souhaitons que ce sommet s’achève sur un message encourageant pour l’Afrique qui tienne compte des résultats obtenus lors de la Ticad.

Pékin est de plus en plus présent sur le continent. L’Afrique n’est-elle pas en train de devenir le champ d’une rivalité diplomatique sino-japonaise ?

Au contraire, l’ensemble des pays donateurs doit se réjouir de l’apparition de nouveaux acteurs comme la Chine. Et le Japon considère qu’il est important de renforcer les partenariats avec eux.