Économie

Tanzanie : John Magufuli nomme une femme à la tête du nouveau ministère des Investissements

John Magufuli, en juillet 2015. © Khalfan Said/AP/SIPA

Le président tanzanien John Magufuli vient de créer un nouveau ministère des Investissements à la tête duquel il a nommé Angellah Kairuki le 8 janvier. La juriste aura la tâche de redynamiser un secteur en perte de vitesse.

« Le président Magufuli vient de nommer une ministre chargée des Investissements dans l’objectif d’accroître les investissements et de renforcer la supervision » de ce secteur, indique un communiqué de la présidence en swahili publié le 8 janvier. Angellah Kairuki, qui a fait ses études supérieures en Grande-Bretagne, était depuis 2017 ministre des Mines. C’est le secteur qui intéresse le plus les investisseurs étrangers en Tanzanie.

La création du ministère des Investissements intervient dans un contexte de tensions – voire de crise – entre le gouvernement tanzanien et certains grands opérateurs économiques étrangers, notamment dans le secteur minier.

Si la croissance économique de la Tanzanie reste l’une des plus fortes du continent – avec 5,8% en 2018 et une prévision de 6% pour 2019, selon le FMI -, les investissements étrangers directs ont néanmoins diminué de 14% entre 2016 et 2017, selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced). Une chute qui s’explique, selon cette dernière, par le changement de politique en matière de taxation et de royalties dans le secteur minier.

Inquiétude des bailleurs de fonds

Les investisseurs étrangers sont échaudés par le contentieux fiscal qui oppose le gouvernement Magufuli à des compagnies minières comme Acacia Mining. Le président tanzanien accuse Acacia Mining d’avoir sous-évalué sa production d’or pendant des années, s’exonérant ainsi de payer des milliards de dollars de redevances et impôts.

Les accusations tanzaniennes avaient obligé le géant canadien Barrick Gold, principal propriétaire d’Acacia Mining, à demander des négociations avec le gouvernement. Un accord global a été conclu en 2017, dont les clauses n’ont cependant pas encore été exécutées.

Outre le bras de fer engagé par le président tanzanien avec des groupes miniers, son mandat est marqué par une nette dégradation de la situation des droits de l’homme, qui a conduit plusieurs importants bailleurs de fonds et donateurs à suspendre ou geler leur aide.

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