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30 000 nouveaux emplois au Maroc

La future usine Renault-Nissan de Tanger emploiera 6 000 personnes. L’industrie locale devra s’adapter.

Par - Xavier Chimits
Mis à jour le 26 mai 2008 à 17:03

Dans les sept ans à venir, l’industrie marocaine de l’équipement automobile, qui compte aujourd’hui 300 sociétés et 25 000 personnes, devra changer de dimension. Car il lui faudra fournir l’usine de Tanger, qui entrera en service en 2010 pour produire, à partir de 2015, 400 000 voitures par an, dont 90 % exportées. Les grandes manoeuvres ont commencé. Les effectifs au Maroc de Delphi, numéro un mondial, vont passer de 4 500 à 7 500 personnes. Faurecia, huitième mondial, qui possède deux unités dans le pays, en ouvrira une troisième à Kenitra en novembre : 650 personnes.
L’Amica (Association marocaine pour l’industrie et le commerce automobile) se frotte les mains : ses efforts pour structurer l’industrie nationale née autour de la Somaca, créée à Casablanca en 1962, portent leurs fruits. Même si l’élément crucial dans le choix du Maroc pour la future usine de Tanger est sa localisation : un port en eau profonde d’une capacité de 8 millions de conteneurs par an, au carrefour de deux vastes marchés Quand ces données sont réunies, un constructeur sait implanter une usine, et demander aux équipementiers de s’installer à sa porte.
C’est en ce sens que l’industrie marocaine va changer de visage. Une usine de 400 000 voitures ne traite qu’avec des industriels à sa mesure : Delphi, Valeo, Faurecia La sous-traitance marocaine, aujourd’hui atomisée (80 employés en moyenne par entreprise), est donc appelée à se concentrer, à se rapprocher de Tanger et réduire ainsi les coûts d’acheminement, ainsi qu’à accepter de nouveaux entrants à capitaux étrangers. Elle devra peut-être aussi accepter de concéder une partie des 30 000 nouveaux emplois à l’Algérie, en contrepartie de l’ouverture par voie routière du plus grand marché du Maghreb (200 000 voitures par an) aux Nissan et Logan produites à Tanger.