Politique

Yaoundé dit oui aux tests ADN

Conformément à la loi Hortefeux, le regroupement familial sera subordonné à une preuve génétique.

Par - Georges Dougueli
Mis à jour le 26 mai 2008 à 17:03

En se rendant au Cameroun, le 19 mai, pour préparer les dix-huit mois d’expérimentation des tests ADN proposés aux candidats au regroupement familial (prélèvements salivaires analysés dans un laboratoire de l’Hexagone), Brice Hortefeux, ministre français de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale, se rendait en terrain (presque) favorable. En effet, lors de sa visite en France en octobre dernier, le chef de l’État camerounais, Paul Biya, s’était abstenu de critiquer le dispositif controversé inséré dans la loi Hortefeux par le député UMP Thierry Mariani. « Il me semble que l’Afrique doit faire tout ce qu’elle peut pour essayer de rendre acceptables ou supportables les lois qui se font et qui la concernent », avait-il alors estimé.
En visite officielle en France, cela aurait pu passer pour de la bienséance diplomatique. Pourtant, le président camerounais a bel et bien accepté que, dès septembre prochain, ceux de ses compatriotes résidant en France qui veulent être rejoints par leurs enfants se soumettent, s’ils le souhaitent, à un test génétique destiné à vérifier le lien de filiation. Par cette démarche, Biya entend « décourager » l’immigration illégale et dissuader les jeunes de partir « à l’aventure dans des conditions qui ne peuvent mener qu’à l’échec ».
S’il est vrai qu’à Yaoundé les postes consulaires belge, américain, britannique, suisse, espagnol, allemand et néerlandais proposent déjà le recours à la génétique dans le cadre du regroupement familial, le fait que le Cameroun, l’un des pays les plus importants de l’ex-pré carré francophone, se distingue au milieu du concert de protestations qui a suivi l’adoption de la nouvelle loi française n’est pas une moindre victoire pour Brice Hortefeux. « Notre politique d’immigration est comprise par nos amis africains », s’est félicité le ministre.
Dans la foulée, Paris envisage maintenant de signer avec Yaoundé un accord de « gestion concertée des flux migratoires » avant la fin de l’année, qui organisera l’immigration économique en contrepartie d’engagements portant sur l’aide au développement de la part de la France.