Diplomatie

Affaire Khashoggi : le récit de Ryad pas encore assez « crédible », selon Washington

Jamal Khashoggi en février 2015 lors d'une conférence de presse. © Hasan Jamali/AP/SIPA

Les autorités saoudiennes ne se sont pas encore montrées suffisamment « crédibles » dans la gestion de l’enquête sur l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, a déclaré vendredi un haut responsable américain.

« De notre point de vue, les récits qui ont émergé côté saoudien au cours du processus judiciaire n’ont pas encore atteint le seuil de crédibilité et responsabilité nécessaire », a affirmé ce responsable à des journalistes sous couvert de l’anonymat.

« Il est dans l’intérêt des Saoudiens de s’attaquer vigoureusement à ce problème pour se débarrasser de ce boulet et tourner la page de cet incident qui a suscité un tel tollé », a-t-il ajouté en référence à l’affaire du journaliste saoudien tué début octobre dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.

Mike Pompeo sous pression

Selon ce responsable, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui fera étape à Ryad lors de la tournée qui l’emmènera au Moyen-Orient à partir de mardi, « va évoquer le cas » avec les Saoudiens.

Il va « continuer à faire pression pour que les responsables rendent des comptes et pour que les dirigeants saoudiens se montrent crédibles au cours du processus judiciaire qui a commencé cette semaine », a-t-il ajouté.

Les sénateurs américains sont particulièrement remontés contre Ryad depuis l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, début octobre dans le consulat d’Arabie à Istanbul. Ils ont adopté une autre résolution, par consentement unanime, accusant le puissant prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane d’être « responsable du meurtre », alors même que l’administration Trump a fait savoir qu’elle entendait quoi qu’il en soit préserver l’alliance avec le royaume.

La peine de mort requise contre 5 suspects

Un procès s’est ouvert jeudi à Ryad au cours duquel le procureur général a requis la peine de mort contre cinq suspects de ce meurtre commis par des agents saoudiens. Mais l’identité des commanditaires continue de faire des vagues : le Sénat américain, pourtant contrôlé par le camp républicain du président Donald Trump, a estimé en décembre, dans une résolution adoptée par consentement unanime, que le puissant prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane était « responsable du meurtre ».

L’administration Trump assure pourtant ne pas avoir de preuve irréfutable d’une telle responsabilité et a fait savoir qu’elle entendait quoi qu’il en soit préserver l’alliance avec le royaume, jugée indispensable à ses yeux.

« Les Saoudiens doivent présenter un récit crédible de ce qui s’est passé », et « s’assurer que les exécutants comme les commanditaires soient tous identifiés par les Saoudiens et soient tenus entièrement responsables avec des châtiments appropriés », a estimé vendredi le responsable américain.

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