Immigration

Migrants : baisse du flux global en 2018, l’Espagne devient première porte d’entrée en Europe

Des migrants attendent d'être secourus par l'ONG espagnole Proactiva Open Arms en mer Méditerranée, en septembre 2017. © Santi Palacios/AP/SIPA

Malgré des arrivées en baisse, la Méditerranée est restée l'an dernier, avec plus de 2 260 morts, la voie maritime la plus meurtrière pour les migrants, selon le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés. Autre tendance de fond : l'Espagne est devenue la première porte d'entrée des migrants en Europe.

Au total, 2 262 migrants sont « morts ou portés disparus » en tentant de traverser la Méditerranée en 2018, contre 3 139 l’année précédente, selon les chiffres publiés par le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (UNHCR).  Du côté des arrivées, 114 941 personnes ont traversé la mer pour gagner les côtes des pays riverains, soit une baisse significative par rapport à l’année précédente (172 301).


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À cela s’ajoutent quelque 6 800 personnes enregistrées à Ceuta et Melilla, enclaves espagnoles dans le nord du continent africain, mais qui n’ont pas traversé la mer. Au total, 121 755 migrants sont donc arrivés en Europe l’an dernier.

Taux de mortalité en hausse

Ces chiffres marquent une chute drastique par rapport au « pic » de 1,015 million d’arrivées en 2015, au cœur de la crise des réfugiés. Concernant les décès, la baisse est moins marquée, puisqu’il y avait alors eu près de 3 800 morts. En proportion, la mortalité s’est d’ailleurs légèrement accrue en 2018 par rapport à l’année précédente. « La Méditerranée est depuis plusieurs années la voie maritime la plus meurtrière au monde pour les réfugiés et les migrants, avec un taux de mortalité qui a fortement augmenté », s’est inquiétée la porte-parole du HCR en France, Céline Schmitt.

L’année 2018 a été marquée par une crise diplomatique entre pays européens autour de l’accueil des réfugiés, notamment cet été, après que le gouvernement italien, au fort discours anti-migrants, a fermé les ports aux bateaux humanitaires. Alors que la voie principale de migration passait jusque-là par la Libye et l’Italie, l’Espagne est ainsi redevenue l’an dernier la première porte d’entrée en Europe, avec 57 215 arrivées par la mer (contre 22 103 en 2017).

En 2018, le premier pays d’origine des migrants était la Guinée, suivie du Maroc et du Mali

Cette tendance pourrait se poursuivre, puisque les gardes-côtes espagnols ont indiqué mercredi avoir porté secours à 401 migrants au cours des deux premiers jours de 2019. De son côté, l’Italie a enregistré 23 371 arrivées, en très net recul par rapport à 2017 (119 369), et la Grèce (32 497).

En 2018, le premier pays d’origine des migrants était la Guinée (13 068 personnes), suivie du Maroc (12 745) et du Mali (10 347). La Syrie n’était que le quatrième pays d’origine des arrivants, suivie de l’Afghanistan et de l’Irak.

Entraves aux navires humanitaires

Autre conséquence : plusieurs navires humanitaires ont été contraints d’errer en Méditerranée depuis l’été, faute de savoir où accoster. Chaque situation s’était débloquée avec un accord trouvé dans l’urgence entre pays européens pour la répartition des réfugiés. En ce début 2019, deux navires d’ONG allemandes transportant 49 migrants ont reçu l’autorisation de « s’abriter » dans les eaux maltaises. La Commission européenne a appelé jeudi les pays de l’UE à « plus de solidarité » pour se répartir l’accueil de ces migrants.

« Nous sommes prêts à participer, dans le cadre d’un effort européen et pour les personnes qui sont en besoin de protection », a-t-on indiqué jeudi à l’Elysée. L’Italie, Malte et l’Espagne ont refusé d’accueillir les migrants secourus, mais les Pays-bas et l’Allemagne avaient évoqué un accueil en cas de partage avec d’autres pays européens.


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« En 2019, il est essentiel de sortir de l’impasse actuelle et de mettre fin à des approches au cas par cas, c’est-à-dire bateau par bateau, pour savoir où débarquer les passagers secourus », a déclaré la porte-parole du HCR en France, en plaidant pour un « mécanisme régional de débarquement ».

Les navires humanitaires, qui dénoncent des entraves croissantes à leur action, sont de moins en moins nombreux à œuvrer en Méditerranée. Début décembre, Médecins sans frontières et SOS Méditerranée ont dû mettre un terme aux opérations de l’Aquarius, devenu un symbole de la crise européenne sur l’accueil des migrants.

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