Elections

Élections en RDC : la Conférence épiscopale dit posséder le nom du vainqueur

L'abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco, en décembre 2016 pendant les négociations qui ont débouché à l'accord de la Saint-Sylvestre en RDC. © John Bompengo/AP/SIPA

L’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco, a affirmé que « les données en sa possession consacrent le choix d’un candidat comme président de la République ». Il appelle la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) à respecter « la vérité et la justice ».

La mission d’observation électorale de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) « constate que les données en sa possession, issues des procès-verbaux de vote, consacrent le choix d’un candidat comme président de la République », a déclaré son secrétaire général, l’abbé Donatien Nshole, lors la présentation de son rapport préliminaire, le 3 janvier à Kinshasa, au sujet des élections générales du 30 décembre en RDC.


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« Clairement exprimé »

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) « est appelée en tant qu’institution d’appui à la démocratie, de publier, en toute responsabilité, les résultats des élections dans le respect de la vérité et de la justice », a-t-il ajouté, avant d’appeler le peuple congolais à « demeurer vigilant pour l’aboutissement heureux du processus ».

Selon l’abbé Nshole, les « irrégularités relevées » au cours du processus électoral et le jour du vote « n’ont pas pu entamer considérablement le choix que le peuple congolais a clairement exprimé dans les urnes ».

Avec quelque 41 000 agents déployés dans tout le pays le jour du vote, la mission d’observation de la Cenco était, de loin, la plus nombreuse. Dans un pays où environ 40% des habitants sont catholiques, l’Église est par ailleurs une des institutions les plus influentes.

Sous pression

La déclaration de l’abbé Nshole intervient alors que la Ceni, sous pression, a annoncé des retards dans la compilation de ses résultats. Jeudi, soit quatre jours après le scrutin, seuls 20% des résultats environ avaient été compilés, selon son président Corneille Nangaa. Dans ces conditions, la date du 6 janvier, à laquelle la Ceni devait initialement annoncer ses résultats provisoires, pourrait ne pas être respectée. « La réflexion est engagée en interne », a indiqué à Jeune Afrique un responsable de la Ceni.

L’abbé Nshole s’interdit de publier tout résultat avant que la Ceni ne le fasse. Il n’exclut en revanche pas de contester les résultats officiels s’ils sont différents de ses observations. Il pourrait même publier ses résultats à terme si les évêques le jugent utile.

Selon nos informations, l’abbé Nshole a par ailleurs informé plusieurs ambassadeurs occidentaux à Kinshasa, mercredi 2 janvier, du nom du vainqueur en sa possession.

« La Ceni doit s’assurer que les voix et les votes [des Congolais] soient respectés », a déclaré le département d’État américain dans un communiqué du 3 janvier. Il exhorte « la Ceni à communiquer les résultats exacts correspondants aux résultats annoncés dans chacun des 75 000 bureaux de vote ».

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