Sécurité

Burkina Faso : le bilan de l’attaque de Yirgou s’alourdit et passe de 13 à 46 morts

Une unité de l'armée burkinabè lors de l'attaque de l'état-major, à Ouagadougou, le 2 mars 2018. © Ludivine Laniepce/AP/SIPA

Selon Rémis Fulgance Dandjinou, porte-parole du gouvernement burkinabè, l'attaque d'hommes armés dans le village de Yirgou (centre-nord), le 1er janvier, suivie de représailles contre la communauté peule, a fait 46 morts, d'après un dernier bilan encore provisoire.

Lors d’une déclaration faite au 13h de la télévision nationale du Burkina Faso, le 4 janvier, le porte-parole du gouvernement burkinabè a annoncé que le bilan de l’attaque de Yirgou, du 1er janvier 2019, avait été revu à la hausse, passant de 13 à 46 morts. Une action judiciaire est en cours, a également déclaré Rémis Fulgance Dandjinou.

Le 1er janvier 2019, « des individus armés non identifiés ont attaqué (…) le village de Yirgou et tué six personnes, dont le chef du village », avait alors déclaré une source sécuritaire sous couvert d’anonymat. Cette attaque a été suivie de représailles intercommunautaires à Yirgou, un village de la commune de Barsalogo, dans le centre-nord du Burkina.


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« Selon des témoins, les hommes armés sont arrivés à bord de motocyclettes en tirant des coups de feu en l’air. Certains se sont rendus au domicile du chef de village, qu’ils ont abattu avec un de ses fils avant de repartir », poursuit l’informateur.

Représailles anti-Peuls

Un habitant de Barsalogo, joint depuis Ouagadougou, a raconté à l’AFP qu’après le départ des assaillants, « des groupes de Mossis proches du chef de village ont attaqué un campement de Peuls, accusés d’être complices des terroristes ». « Sept éleveurs peuls ont été lynchés à mort » par ces groupes qui ont également incendié leurs cases, confirme une source sécuritaire, précisant qu’un dispositif de sécurité a été déployé sur les lieux.

Les Mossis dénoncent l’assimilation des Peuls aux groupes jihadistes de la région, qu’ont rejoint certains membres de leur communauté

Les Mossis constituent l’ethnie majoritaire au Burkina. Ils dénoncent l’assimilation des Peuls, éleveurs nomades présents dans toute l’Afrique de l’Ouest, aux groupes jihadistes de la région, qu’ont rejoint certains membres de leur communauté.

Les représailles contre les Peuls se multiplient dans la région. Au Mali voisin, 37 civils ont été tués mardi 1er janvier – par des hommes armés habillés en tenue de chasseur traditionnel dozo – dans le village peul de Koulogon, situé dans la région de Mopti (centre du Mali).

Plus de 270 morts en trois ans

Lundi, le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré a décrété l’état d’urgence dans plusieurs régions du pays, afin de contrer la menace terroriste des islamistes armés. Cela fait suite à la mort de dix gendarmes, tués jeudi 27 décembre dans une embuscade à Toeni, une localité située au nord-ouest de Ouagadougou.


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Le Burkina Faso est confronté depuis trois ans à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières. D’abord concentrées dans le nord du pays, elles se sont ensuite étendues à d’autres régions dont celle de l’Est, frontalière du Togo et du Bénin. Les opérations, attribuées notamment aux groupes jihadistes Ansaroul Islam et Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), ont fait plus de 270 morts depuis 2015. Ouagadougou, la capitale, a été frappée à trois reprises.

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