Politique

Mauritanie : le député Biram Dah Abeid sort de prison

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 02 janvier 2019 à 09h57
Rencontre avec Biram Ould Dah Abeid à Dakar

Rencontre avec Biram Ould Dah Abeid à Dakar © Sylvain Cherkaoui pour JA

Le député d’opposition et antiesclavagiste mauritanien Biram Dah Abeid est sorti de prison lundi soir après quelque cinq mois de détention, au terme d’un procès devant un tribunal de Nouakchott pour «menaces» contre un journaliste.

Après cinq mois de détention, le député d’opposition antiesclavagiste mauritanien Biram Dah Abeid est sorti de prison lundi 31 décembre au soir.

Président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA, ONG antiesclavagiste), Ould Abeid est condamné à «six mois de prison dont deux mois ferme», a déclaré le président de l’audience du tribunal correctionnel, à l’issue d’un procès de plusieurs heures. En détention depuis le 7 août, Biram Dah Abeid a déjà purgé sa peine.

Un militant de son ONG antiesclavagiste, Abdallahi Ould Housseine, avec qui il était en détention préventive et qui était accusé de «complicité», a également été condamné à «six mois de prison dont deux ferme». Le parquet avait requis cinq ans ferme contre Ould Abeid et trois ans ferme contre Ould Housseine.

Le journaliste retire sa plainte

Après le jugement, les deux détenus sont sortis libres de la prison d’Arafat, dans le sud de la capitale, a constaté un journaliste de l’AFP. «Je n’ai jamais commis de crime. Ca c’est une manigance des services de renseignement, avec la complicité des juges qui sont inféodés au pouvoir politique», a déclaré à la presse Ould Abeid, après son procès.

Il avait refusé de s’exprimer à la barre, arguant de son immunité parlementaire. Ould Abeid était jugé sur plainte du journaliste mauritanien Deddah Abdallah pour «atteinte à l’intégrité d’autrui et menace d’usage de la violence» dans des messages sur les réseaux sociaux. Le journaliste avait retiré sa plainte lundi soir.

Le militant antiesclavagiste a été élu député lors des législatives de septembre remportées par le pouvoir, sous les couleurs du parti Assawab, aux orientations baathistes, qui a fait alliance avec l’aile politique de l’IRA.

Le journaliste Deddah Abdallah, à l’origine de la plainte contre Ould Abeid, avait réalisé un documentaire sur cette alliance, qualifiée de «contre nature», au cours duquel des alliés et adversaires du militant antiesclavagiste étaient interrogés sur son parcours politique et humanitaire.

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