Football

Les tops et les flops du football africain en 2018

Lors du match Libye - Soudan, dans la "petite finale" du CHAN 2018. © DR / CAF

Si 2018 a vu de belles prouesses, le football continental s'est aussi montré sous son mauvais jour. Jeune Afrique a sélectionné le pire mais surtout le meilleur de l'année.

Les Tops du football africain…

1. CHAN : le Maroc assure

C’est en septembre 2017 que la Confédération Africaine de football (CAF) avait décidé de retirer l’organisation du Championnat d’Afrique des nations (CHAN) au Kenya. Le pays d’Afrique de l’Est accusait trop de retard à un peu plus de trois mois du coup d’envoi de cette compétitions réunissant seize sélections, et considérée comme une vraie CAN locale. Appelé à la rescousse par l’instance, le Maroc, qui défendait alors son dossier de candidat à l’organisation de la Coupe du Monde 2026, a accepté sans hésiter. Et le Royaume a réussi son pari : le CHAN s’est déroulé dans d’excellentes conditions, parfois dans des stades bien remplis, surtout quand les Lions de l’Atlas, qui remporteront le tournoi,  s’y produisaient.

DR / CAF

2. Drogba, la quarantaine resplendissante

Un grand monsieur du football africain et mondial a tiré sa révérence, le 9 novembre dernier, à l’occasion d’un match de Ligue 2 américaine entre Louisville et Phoenix Rising FC (1-0), son dernier club. Didier Drogba, qui aura 41 ans en mars prochain, a décidé de dire « stop ». L’attaquant aux dix-huit titres et aux multiples récompenses individuelles avait même laissé planer le suspense quelques jours sur une possible saison supplémentaire, avant de confirmer une décision annoncée en début d’année.

Graham Hughes/AP/SIPA

L’attaquant ivoirien, qui a évolué dans plusieurs clubs (Le Mans, Guingamp, Marseille, Chelsea, Shanghai Shenhua, Galatasaray Istanbul, Phoenix Rising FC), n’a paradoxalement jamais rien gagné avec sa sélection, malgré deux finales de CAN en 2006 et 2012. Mais cela n’enlève rien à l’aura d’un joueur qui fait partie des meilleurs footballeurs africains de l’histoire.

3. Malang Diedhiou, la bonne note de l’arbitrage

À 45 ans, Malang Diedhiou a pris sa retraite internationale, juste après la Coupe du Monde, où il avait dirigé trois matches (Serbie-Costa Rica 1-0, Uruguay-Russie 3-0 et Belgique-Japon 3-2). En Russie, l’arbitre sénégalais, considéré comme un des meilleurs du continent africain, avait laissé une très bonne impression, au point d’être désigné quatrième arbitre pour la petite finale Belgique-Angleterre (2-0).

Gregorio Borgia/AP/SIPA

Cet inspecteur des Douanes, chef de bureau de la zone franche industrielle de Dakar, aurait pu continuer jusqu’à la CAN 2019, mais il a préféré se retirer pour laisser la place à la nouvelle génération. Diedhiou aura notamment officié lors de deux CAN (2015 et 2017), les trois derniers CHAN et les jeux Olympiques de 2016.

4. Madagascar et Mauritanie, les révélations

Il y a encore cinq ou six ans, l’hypothèse d’envisager la présence de ces deux sélections en phase finale de CAN  était une pure coquetterie. Malgaches et Mauritaniens étaient considérés comme deux des parents pauvres du football africain,  peu présents sur la scène continentale, accessoirement capables de quelques coups d’éclat sans lendemain. À Madagascar, les choses ont commencé à changer avec l’arrivée du sélectionneur français Nicolas Dupuis, en 2017.

En Mauritanie, Ahmed Ould Abderrahmane, le président de la fédération, avait, juste après son élection en 2011, décidé de sortir le football de son pays de son isolement. Patrice Neveu, puis Corentin Martins, ont contribué à faire avancer les choses Aujourd’hui, ces deux sélections sont assurées de participer à la CAN 2019.

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5. Bancé, la franchise de l’Etalon

Dans la rubrique « coup de gueule », celui de l’attaquant international burkinabé Aristide Bancé fût un des plus sonores. Le joueur, qui a beaucoup voyagé dans sa carrière (Côte d’Ivoire, Belgique, Allemagne, Turquie, Finlande, Kazakhstan…) évoluait depuis 2017 à Al-Masry, en Égypte.

Sunday Alamba/AP/SIPA

Cette année, alors qu’il était sous contrat avec le club de Port-Saïd, Bancé, a longuement disserté sur sa page  Facebook sur sur les pratiques visiblement répandues dans ce pays : des salaires rarement payés à temps et versés selon l’appréciation des performances des joueurs par les dirigeants, blocage des passeports, absence de carte de résidence, etc… Le Burkinabé, qui est réputé pour parler cash, a même employé le mot « d’esclavage. » Toujours lié à Al-Masry jusqu’à la fin de la saison, Bancé, qui se soigne à Abidjan, n’envisage pas de repartir en Égypte.

… et les flops

1. La Coupe du Monde ratée des Africains

Depuis 1986, l’Afrique avait toujours réussi à placer un de ses représentants au deuxième tour de la Coupe du Monde. L’été dernier en Russie, aucune des cinq sélections africaines n’est parvenue à se qualifier pour les huitièmes de finale. Le Sénégal, le Nigeria et la Tunisie ont au moins eu le mérite de gagner un match, et le Maroc d’accrocher l’Espagne alors que son sort était déjà scellé.

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L’Égypte, quant à elle, a perdu ses trois rencontres. Mais trois victoires en quinze matches, pour un continent qui aspire à jouer un rôle à chaque Coupe du Monde, c’est trop peu. L’augmentation du contingent de chaque confédération en 2026, quand le tournoi se jouera à 48, augmentera probablement les chances africaines. D’ici là, il y aura 2022, et l’obligation de faire mieux  qu’en Russie.

2. Ligue des Champions : une finale nauséabonde

En novembre dernier, la finale aller de la Ligue des Champions africaine entre les Égyptiens d’Al-Ahly SC et les Tunisiens de l’Espérance (3-1) s’est déroulée dans une atmosphère tendue. Les Tunisois s’étaient plaints, entre autres, d’un accueil beaucoup trop zélé de la part de la police d’Alexandrie et surtout de l’arbitrage de l’Algérien Mehdi Charef, coupable, à leurs yeux, d’avoir accordé aux Red Devils deux penalties très litigieux, malgré l’assistance vidéo (VAR).

Capture écran/YouTube/Koora Skills Plus

Les Cairotes, de leur côté, avaient évoqué la violence verbale du staff technique des Sang et Or, l’agressivité des supporters espérantistes et Patrice Carteron, alors coach d’Al-Ahly, avait affirmé avoir reçu un coup de pied d’un joueur adverse. Heureusement, la finale retour, remportée par les Tunisiens (3-0) s’était jouée dans un climat beaucoup plus apaisé.

3. Algérie : et maintenant, on frappe sur le terrain…

La violence dans les stades algériens – un phénomène qui touche également les autres pays d’Afrique du Nord – aurait pu connaître un nouvel épisode tragique, quatre ans après le décès du camerounais Albert Ebossé à Tizi Ouzou, dans des circonstances jamais élucidées. Le 20 octobre dernier, quelques irresponsables, se déclarant supporters du CA Bordj Bou Arreridj, avaient envahi le terrain, après une défaite à domicile face au MC Alger.

Les joueurs de la capitale avaient été pourchassés sur le terrain par quelques fous furieux, caillassés et parfois même frappés. Deux joueurs du Mouloudia ont fini à l’hôpital. En 2018, comme en 2017, 2016, 2015 et bien avant encore, les incidents ont terni l’image du foot algérien. Et on agit quand ?

4. Gabon : mais qu’ils se parlent !

C’est devenu un opus qui n’amuse plus personne : entre la fédération gabonaise et Pierre-Emerick Aubameyang (PEA), tout est devenu prétexte à s’embrouiller. Ainsi, en septembre, l’attaquant d’Arsenal fracasse l’instance, qui avait un peu trop vite annoncé  le remplacement de l’Espagnol José Antonio Camacho par Pierre Aubame, le géniteur du buteur des Panthères.

Frank Augstein/AP/SIPA

Un mois plus  tard, officiellement blessé au dos, PEA évoque le manque de confort de l’avion qui doit permettre à la sélection nationale de rejoindre le Sud Soudan.  Et en novembre, last but not least, la Fédération gabonaise de football publie la liste des joueurs convoqués pour affronter le Mali à Libreville, en qualifications pour la CAN 2019, alors que le joueur assure avoir prévenu, certificat médical à l’appui, qu’il n’était pas en mesure de se déplacer. À quatre mois d’un match décisif au Burundi, tout ce petit monde  gagnerait à se parler les yeux dans les yeux au lieu de s’affronter par voie de presse.

5. Bénin, la fraude et la prison

Au début du mois de septembre, les moins de 17 ans béninois devaient participer au tournoi UFOA organisé au Niger, qualificatif pour la CAN de la catégorie. Mais des tricheries ont été constatées sur l’âge réel de plusieurs joueurs. Ces derniers, ainsi que plusieurs membres du staff  technique, tout comme Anjorin Moucharafou, l’ancien président de la fédération, ont été entendus par la justice, placés en garde à vue puis en détention, pour quelques jours ou quelques semaines.  Le Bénin n’est pas le premier pays à mentir sur l’âge de ses joueurs, une pratique contre laquelle la CAF tente de lutter.

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