Elections

RDC : la colère monte au Nord-Kivu après le report partiel des élections

Dans les rues de Kinshasa, en République démocratique du Congo, lors des manifestations du 31 décembre 2017 (photo d'illustration). © John Bompengo/AP/SIPA

Des centaines de personnes ont manifesté le 27 décembre à Beni et Goma contre le report partiel des élections prévues dimanche. Au moins six personnes ont été arrêtées et un centre anti-Ebola vandalisé.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté le 27 décembre à Beni et Goma, deux villes de la province du Nord-Kivu, contre le report des élections générales prévues le 30 décembre dans cette région frappée par une épidémie d’Ebola et déchirée par plus de vingt ans de conflits armés.

Remontés contre la dernière décision de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), des jeunes ont barricadé les routes sous forte présence policière à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

Des manifestants arrêtés

Dans cette ville volcanique de plus d’un million d’habitants, la tension a été concentrée dans les quartiers de Majengo et Katindo et à l’entrée du campus universitaire, qui abrite au moins cinq institutions supérieures et publiques.

Des gaz lacrymogènes ont été utilisés par les forces de sécurité afin de disperser les foules en colère. Au moins six personnes ont été arrêtées, selon l’Agence France-Presse (AFP).

À des centaines de kilomètres de Goma, dans la ville de Beni, les manifestants se sont rassemblés devant la mairie et le quartier général des ONG mobilisées contre l’épidémie d’Ebola, qui a déjà fait 356 morts depuis début août.

Dans cette ville sous menace permanente des rebelles ougandais des forces démocratiques alliées (ADF), des coups de feu ont été entendus entre 9 et 10h00 (une heure de moins en GMT) pour contenir les manifestants, selon les témoins interrogés par l’AFP.

Un centre anti-Ebola vandalisé

Un centre de transit où étaient alités 24 patients en attente d’un test de laboratoire de la maladie à virus Ebola a également été vandalisé par les manifestants.

« Ils ont vandalisé le centre et pillé des chaises et des tables. Nous évaluons actuellement les dégâts », a déclaré à Jeune Afrique Jessica Ilunga, chargée de communication du ministère congolais de la Santé.

Sur les 24 patients, 17 avaient déjà été testés au virus lors d’un premier examen qui s’était relevé négatif, mais deux tests sont nécessaires pour le confirmer. Les 7 autres patients n’avaient pas encore été testés.

Lors de la manifestation, 21 patients ont fui le centre de transit. Trois d’entre eux « qui étaient gravement malades n’ont pas été en mesure de bouger », a souligné Jessica Ilunga.

À la veille d’une journée « ville morte »

Ces manifestations interviennent à la veille d’une journée « ville morte », organisée dans tout le pays par la coalition Lamuka (qui soutient le candidat Martin Fayulu), pour protester contre le nouveau report partiel du scrutin du 30 décembre à Beni, Butembo et Yumbi, souhaité par la Ceni.

Accusant cette dernière de se comporter « depuis un certain temps » en « une machine dictatoriale » destinée à « imposer sa volonté à la population congolaise », la société civile du Nord-Kivu, Forces vives, a également appelé à observer une journée « ville morte » le 28 décembre, dans un communiqué dont Jeune Afrique dispose d’une copie.

Chaque citoyen, enjoint la société civile, « devra rester à son domicile à titre de solidarité avec les populations » de Beni, Butembo et Yumbi, afin de « pousser la Ceni à obtempérer à la volonté populaire ».

Pour les Forces vives, les motifs soutenant l’exclusion d’un peu plus d’1,2 million d’électeurs du scrutin demeurent « non fondés ».

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