Bourse

Vincent Le Guennou : « La crise Ebola a un impact sur les investisseurs »

Né en 1963, Vincent Le Guennou a débuté sa carrière au cabinet d'audit Arthur Andersen.

Né en 1963, Vincent Le Guennou a débuté sa carrière au cabinet d'audit Arthur Andersen. © Vincent Fournier/JA

Vincent le Guennou, codirecteur d’Emerging Capital Partners, leader du capital-investissement en Afrique, évoque son métier et le climat des affaires sur le continent.

Discret dans les médias, Vincent Le Guennou n’en est pas moins l’un des meilleurs connaisseurs du tissus économique africain, du Kenya jusqu’au Sénégal et de Tunis à Lagos. Depuis quatorze ans, avec ses équipes au sein d’ECP, ce franco-camerounais a en effet investi près de 2 milliards de dollars (1,5 milliard d’euros) dans des dizaines d’entreprises. Dont quelques groupes devenus des géants comme Celtel, Djezzy, Ecobank, Bank of Africa ou plus récemment IHS, le leader nigérian de la gestion des tours télécoms. Il s’exprimait dans Le Grand invité de l’économie, l’émission de RFI et Jeune Afrique.

Extraits.

Propos recueillis par Frédéric Maury (J.A.)et Jean-Pierre Boris (RFI)

JA2798 Vincent Le Guennou BioUn métier mal connu

Le capital investisseur intervient dans des entreprises qui ne sont pas cotées, soit en prenant des participations minoritaires, soit en prenant le contrôle. Nous réalisons des analyses macroéconomiques et sectorielles pour choisir l’entreprise que nous allons pouvoir accompagner au mieux pendant quatre à six ans. Ce métier présente plusieurs facettes : attirer des investisseurs, gérer des participations puis négocier la sortie du capital, par une introduction en Bourse ou une cession.

Retour sur investissement

Nous visons une rentabilité annuelle de l’ordre de 25%. Cela paraît considérable, mais nous ne sommes pas des banquiers. Nous prenons une participation, donc nous assumons un risque. L’objectif est le doublement du chiffre d’affaires et des profits. C’est ainsi que nous pouvons atteindre ce niveau de rendement.


Première partie du Grand invité de l’économie RFI-JA

L’ombre d’Ebola

Je ne suis pas en mesure d’évaluer les conséquences économiques de l’épidémie. Mais je reviens d’Asie du Sud-Est et du Golfe, et j’ai été frappé par l’impact de cette crise sur les investisseurs. L’un d’eux m’a confié avoir dû annuler, à la demande de son gouvernement, une tournée au Kenya – alors que l’Afrique de l’Est n’est pas concernée par le virus ! Je crains aussi beaucoup pour le tourisme. Au Bénin, la demande de visa aurait chuté de 60 % au mois d’août.

Où sont les Américains ?

De grands groupes venus des États-Unis tels que General Electric et Coca-Cola s’intéressent à l’Afrique. Mais derrière ces grands noms, il y a aussi de nombreux fournisseurs. Les Américains sont présents, mais ils visent d’abord les pays anglophones, le Nigeria, le Kenya, le Ghana.

Question d’image

L’environnement global africain, au plan politique et économique, est perçu comme aujourd’hui comme beaucoup plus favorable qu’il y a quinze ans.


Seconde partie du Grand invité de l’économie RFI-JA

Inquiétude au Ghana

La dépréciation de la monnaie, le Cedi, est la conséquence d’une gouvernance qui ne correspond pas à ce qu’attendent les investisseurs ou les bailleurs. Le déficit des finances publiques est préoccupant. Le Ghana est devenu un producteur de pétrole, et c’est toujours un défi pour un pays de gérer les revenus de ses ressources naturelles. Il faut savoir les réinvestir pour développer l’économie

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