Justice

Égypte : Moubarak demande l’autorisation du président Sissi pour témoigner contre Morsi

L'ancien président égyptien Hosni Moubarak, lors du sommet France-Afrique tenu à Cannes le 16 février 2007 (image d'illustration).

L'ancien président égyptien Hosni Moubarak, lors du sommet France-Afrique tenu à Cannes le 16 février 2007 (image d'illustration). © LIONEL CIRONNEAU/AP/SIPA

L’ex-président égyptien Hosni Moubarak a demandé mercredi l’ « autorisation » de l’actuel chef de l’État Abdel Fattah al-Sissi pour révéler des informations « sensibles » sur des attaques durant la révolution impliquant, selon le parquet, les Frères musulmans, le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais.

Renversé en 2011 à la faveur d’un soulèvement populaire, dans le cadre du printemps arabe, Hosni Moubarak était entendu comme témoin par une cour du Caire dans une affaire d’ « infiltration » de membres des mouvements Hamas et Hezbollah en Égypte. D’après le parquet, ces derniers auraient participé, début 2011, à un assaut contre des prisons ayant permis l’évasion de membres de l’organisation des Frères musulmans, dont l’ex-président Mohamed Morsi, détenu et condamné à plusieurs reprises depuis sa destitution par l’armée en 2013.


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Mercredi, Mohamed Morsi était présent dans le box des accusés, faisant de l’audience le premier face-à-face avec son prédécesseur Hosni Moubarak (1981-2011), et la première apparition publique de ce dernier depuis sa libération en mars 2017, après avoir été acquitté pour le meurtre de manifestants durant la révolution.

Des informations « jamais évoquées auparavant »

Hosni Moubarak, 90 ans, a évoqué la « sensibilité » de certaines informations liées notamment aux Frères musulmans et aux tunnels reliant le Nord-Sinaï à Gaza, qui auraient permis l’infiltration des membres du Hamas et du Hezbollah.

Moubarak a dit vouloir se protéger de toute violation du droit qui lui interdit de livrer certaines informations dont il avait connaissance en tant que président

« Je vais parler de choses sensibles qui n’ont jamais été évoquées auparavant », a insisté l’ex-président Moubarak, visiblement affaibli et accompagné de ses deux fils, Gamal et Alaa. Il a néanmoins dit vouloir se protéger de toute « violation » du droit qui lui interdit, selon lui, de livrer certaines informations dont il avait connaissance en tant que président. Son avocat a en conséquence déposé une demande auprès de la présidence pour obtenir l’autorisation de révéler ces informations.

Évasions de prisons

En attendant, Hosni Moubarak a refusé de répondre aux questions sur une complicité des Frères musulmans avec le Hamas, le Hezbollah et l’Iran pour « accroître le chaos » en Égypte en 2011. Il a toutefois déclaré que les personnes derrière les évasions de prisons « venaient de Gaza, du Hamas ». Elles auraient « attaqué et tué des membres des forces de sécurité » dans le Nord-Sinaï, selon lui. Bouclée par l’armée, cette région à la frontière avec Gaza est à ce jour le théâtre d’une insurrection de mouvements jihadistes, dont le groupe État islamique (EI).

Mohamed Morsi avait été condamné à la peine de mort en juin 2015, aux côtés d’une centaine de personnes, dans cette affaire d’évasions de prisons. En novembre 2016, la Cour de cassation avait toutefois annulé ses condamnations et celles de certains de ses co-accusés, dont l’ancien guide suprême des frères musulmans Mohamed Badie, ordonnant la tenue d’un nouveau procès.

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