Société

En Tunisie, le président de l’Association des Ivoiriens trouve la mort lors d’une agression

Des activistes unis contre le racisme en Tunisie et dans le reste du Maghreb (photo d'illustration). © Facebook/masmitich3azi

Falikou Koulibaly, le président de l’Association des Ivoiriens en Tunisie, a été tué à l’arme blanche lors d’une agression, dans la nuit du 23 au 24 décembre. L’auteur du crime a été arrêté, selon des sources sécuritaires.

Le président de l’Association des Ivoiriens en Tunisie, Falikou Koulibaly, 33 ans, a été victime d’une tentative de vol alors qu’il rentrait chez lui, dans la zone de la Soukra (banlieue nord de Tunis), en compagnie d’un ami. Il a ensuite été mortellement poignardé à deux reprises.

Les secours ont tenté de le transporter à l’hôpital Mongi Slim, mais Falikou Coulibaly a succombé à ses blessures dans l’ambulance, selon des sources sécuritaires tunisiennes.

Le tueur présumé arrêté

Dans une déclaration accordé à Shems FM, le colonel Sofian Zâag, porte-parole du ministère de l’Intérieur, a indiqué que la police judiciaire du district de l’Ariana avait procédé à l’arrestation du tueur ainsi que de cinq autres complices. L’auteur aurait avoué son crime, selon le colonel, et l’arme du crime, toujours tachée de sang, a été saisie à son domicile.

Selon le colonel Zâag, le défunt se serait opposé aux délinquants qui avaient essayé de le braquer. Il a reçu deux coups de couteau au niveau de la cuisse et du flanc. Les unités de la protection civile et de la police s’étaient rendues rapidement sur place pour tenter de sauver la victime.

Attaques répétées

Lundi 24 décembre, dans la matinée, des Ivoiriens résidant en Tunisie se sont mobilisés près de l’hôpital Mongi Slim, en signe de soutien à Falikou Koulibaly. Ils entendaient par ailleurs protester contre ce qu’ils qualifient de « crimes ciblés ».

Il y a des Tunisiens partout en Afrique subsaharienne, et ce n’est pas comme ça que nous les traitons

« Nous sommes des hommes. Nous sommes tous des Africains. (…) Nous ressentons la discrimination raciale (…) Ces agressions ont lieu devant des Tunisiens qui ne disent rien », s’est insurgé, au micro du site Espace Manager, un Ivoirien venu manifester. « Il y a des Tunisiens à Abidjan. Il y a des Tunisiens partout en Afrique subsaharienne, et ce n’est pas comme ça que nous les traitons », a-t-il poursuivi.

Les résidents subsahariens dénoncent des attaques répétées contre leur communauté. Depuis l’agression de trois étudiants d’origine congolaise, fin décembre 2016, l’Association des étudiants subsahariens en Tunisie ne cesse d’enregistrer des cas de violences physiques.

Loi antiraciste

Les manifestants dénoncent une passivité de la part des autorités. Pourtant, le 9 octobre 2018, le Parlement tunisien a voté une loi criminalisant les propos racistes, l’incitation à la haine et les discriminations.

La loi sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale prévoit des peines allant d’un mois à un an de prison, et jusqu’à 1 000 dinars (300 euros) d’amende pour des propos racistes. « L’incitation à la haine », les « menaces racistes », la « diffusion » et « l’apologie du racisme », ainsi que la « création » ou la « participation à une organisation soutenant de façon claire et répétitive les discriminations », sont également passibles d’un à trois ans de prison, et jusqu’à 3 000 dinars (920 euros) d’amende.

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