Elections

Togo : à Abuja, les chefs d’État et de gouvernement de la Cedeao « regrettent fortement » l’absence de l’opposition aux législatives

Une vue de la salle d'attente des chefs d'État, au sommet d'Abuja, le 22 décembre 2018. © Cedeao

Le 54e sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Cedeao, tenu ce samedi 22 décembre à Abuja, a salué l’organisation des législatives au Togo le 20 décembre. L'opposition, qui a boycotté le scrutin, continue à appeler à son annulation.

Selon la Cedeao, les élections législatives du 20 décembre dernier au Togo ont été « libres et transparentes » et se sont déroulées dans des « conditions de paix et de sécurité », peut-on lire dans le texte du communiqué final à l’issue du sommet d’Abuja, le 22 décembre.

L’institution sous-régionale « regrette fortement » le boycott de la coalition des 14 partis de l’opposition (C14) « malgré les efforts considérables […] pour favoriser des élections inclusives avec une participation équitable de tous les acteurs à la commission électorale nationale électorale indépendante (Ceni) ».

La Cedeao s’est ensuite félicitée de l’« engagement résolu » du gouvernement togolais à « assurer l’adoption rapide des réformes constitutionnelles, en privilégiant la voie parlementaire pour leur mise en œuvre diligente ».

L’opposition toujours mobilisée

La C14, par son boycott, sera absente au futur Parlement vers lequel tous les regards sont désormais tournés pour la révision constitutionnelle. « La coalition paiera très cher sa politique de la chaise vide et son jusqu’au-boutisme. C’est une erreur stratégique de vouloir rester en dehors du parlement. Sa marge de manœuvre sur les réformes sera faible », confie un observateur de la vie politique togolaise.

Du côté de la C14, la mobilisation ne faiblit pas. « Ce scrutin doit être purement et simplement annulé », a déclaré à la presse, le 21 décembre, Brigitte Kafui Adjamagbo Johnson, coordinatrice de la coalition, justifiant une fois encore le boycott par « l’absence des réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales, le caractère non paritaire et non inclusif de la Ceni, un découpage électoral inéquitable et aberrant, un fichier électoral fantaisiste et non fiable ».

Appel à des mesures « d’apaisement et de confiance »

Face à la menace persistante de troubles post-électoraux, la Cedeao a appelé, le 22 décembre, les divers acteurs « à œuvrer en vue de la préservation de la paix, de la stabilité et de la cohésion… » et à s’abstenir « de tout acte et de tout agissement susceptibles de mettre à mal les efforts visant à la normalisation complète et durable de la situation politique ». Elle a également encouragé le gouvernement à « renforcer les mesures d’apaisement et de confiance entre tous les acteurs politiques en vue de décrisper davantage le climat socio-politique ».

Au lendemain des élections, la plupart des 3 000 observateurs nationaux et internationaux accrédités ont salué la bonne organisation du scrutin. L’Union africaine s’est félicitée de « l’absence d’incident majeur durant la journée du scrutin » et de « la sécurisation des bureaux de vote » qui a été « faite de façon professionnelle ».

La commission électorale nationale indépendante qui a annoncé le taux de participation à 59,96 %, selon des chiffres « provisoires et partiels » proclamera les résultats dans la semaine avant qu’ils ne soient validés par la cour constitutionnelle dans un délai de huit jours.

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