Politique

Présidentielle au Sénégal : la Cour suprême se prononcera le 3 janvier sur le cas de Khalifa Sall

Khalifa Sall, en octobre 2014 à Dakar.

Khalifa Sall, en octobre 2014 à Dakar. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

L'ancien maire de Dakar, Khalifa Sall, saura le 3 janvier si la Cour suprême du Sénégal confirme sa condamnation pour « escroquerie aux deniers publics » et « faux et usage de faux dans des documents administratifs ». Il était devant les juges le 20 décembre.

En prison depuis près de deux ans, Khalifa Sall, 62 ans et opposant au président Macky Sall, reste en course pour la présidentielle du 24 février tant que ses recours ne sont pas épuisés devant les juridictions sénégalaises.

Pendant une audience de plus de 12 heures jeudi, ses avocats ont plaidé devant la Cour suprême pour qu’elle casse sa condamnation à cinq ans de prison, notamment pour « escroquerie aux deniers publics » et « faux et usage de faux dans des documents administratifs », prononcée le 30 août par la cour d’appel de Dakar.

À deux mois de la présidentielle, au cours de laquelle le président Macky Sall briguera un second mandat, ils ont d’abord réclamé, en vain, le report des débats à une date ultérieure.

En présence de quelques dizaines de ses partisans, ils ont ensuite plaidé l’irrégularité des poursuites en évoquant « la nullité du procès-verbal » d’enquête préliminaire, l’absence d’avocats durant sa garde à vue, « l’immunité parlementaire » de Khalifa Sall, élu député en juillet 2017, ou encore les contradictions, selon eux, entre des textes sur lesquels s’est fondée sa condamnation et la Constitution.

Les avocats de l’État du Sénégal, ainsi que le parquet, ont estimé que ces arguments n’étaient pas fondés.

En fin de soirée, le président de la chambre criminelle de la Cour suprême, Mamadou Baal, a réservé sa décision en annonçant que l’affaire était « mise en délibéré au 3 janvier 2019 ».

Un arrêt déterminant

L’arrêt de la plus haute juridiction du pays pourrait être déterminant pour l’avenir politique de l’ancien maire de Dakar, puisqu’il ne pourra plus saisir d’instance supérieure.

Ses avocats ont toutefois fait valoir après l’audience que même une décision négative ne l’éliminerait pas de la présidentielle.
L’ex-maire de Dakar aura encore la possibilité d’introduire un « rabat d’arrêt », une disposition qui permet de saisir une nouvelle fois la Cour suprême pour dénoncer des vices de forme, ont-ils avancé.

« Ce recours est suspensif » d’un éventuel arrêt de la juridiction et « nous avons un mois pour le faire à partir de la notification de la décision de cassation », a précisé un proche de Khalifa Sall s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

Révoqué de ses fonctions de maire

L’ancien premier magistrat de la capitale sénégalaise affirme que les poursuites judiciaires à son encontre sont de nature politique et visent à l’empêcher de se présenter à la présidentielle, ce que démentent les responsables de la majorité.

Élu maire de Dakar en 2009 et réélu en 2014, Khalifa Sall, dissident du Parti socialiste et de la majorité, a été révoqué de ses fonctions de maire par le chef de l’État au lendemain de sa condamnation en appel.

Il est considéré comme l’un des rares adversaires à pouvoir menacer dans les urnes Macky Sall, qui vise une réélection dès le premier tour.

La comète Sonko

Un autre adversaire de taille connait lui aussi des difficultés. Karim Wade, fils du président Abdoulaye Wade, a été investi par le Parti démocratique sénégalais (PDS, opposition). Mais il a été radié des listes électorales après sa condamnation en 2015 à six ans de prison pour enrichissement illicite et vit à l’étranger depuis qu’il a été gracié par Macky Sall.

Ces dernière semaines, un jeune député de 44 ans, Ousmane Sonko, a fait une entrée remarquée sur la scène politique et médiatique et espère rassembler les voix des mécontents si Khalifa Sall et Karim Wade sont définitivement mis hors-jeu par la justice.

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