Elections

[Infographie] Combien coûte une candidature à une présidentielle en Afrique subsaharienne ?

Des électeurs congolais vérifient leurs noms sur les listes électorales à Kinshasa, le 28 novembre 2011. © Jerome Delay/AP/SIPA

Dans de nombreux pays d'Afrique subsaharienne, les personnalités qui souhaitent être candidats à une élection présidentielle doivent notamment payer une caution. Si celle-ci est une formalité pour certains, elle peut être un vrai frein pour des petits candidats.

Faut-il être riche pour être candidat à une élection présidentielle ? La question se pose pour de nombreux pays d’Afrique subsaharienne. Deux cent cinquante millions de francs CFA, soit 380 000 euros, c’est désormais la caution que doit s’acquitter chaque candidat à la prochaine présidentielle au Bénin. Votée le 7 août dernier par la commission des lois de l’Assemblée nationale et s’inscrivant dans le nouveau code électoral (loi n°2018-31), cette somme explose les compteurs dans ce petit pays qui ne demandait auparavant que 15 millions de F CFA (environ 23 000 euros).

Mais le cas du Bénin n’est pas isolé. Dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, être candidat à l’élection présidentielle est devenu un luxe. La Guinée, le Sénégal ou la République démocratique du Congo ont par exemple vu ces dernières années leurs cautions augmenter.

Les candidats malheureux sont-ils remboursés ?

En dépit des sommes élevées, les candidats, en cas de défaite, ne sont pas automatiquement remboursés. Dans la plupart de ces pays, il faut obtenir dès le premier tour un score qui varie entre 5 et 10 % des suffrages exprimés pour espérer un remboursement partiel ou total. En RDC, où s’est tenu l’élection présidentielle le dimanche 23 décembre, la caution de 88 000 euros n’est par exemple pas remboursée. Tandis qu’au Bénin, ne seront remboursés que les candidats qui atteindront les 10 % à l’élection présidentielle de 2021.

La limitation financière est malsaine car ce n’est pas un critère démocratique

Une « limitation financière malsaine », estime l’économiste Thierry Amougou, professeur à l’Université catholique de Louvain (UCL), interrogé par Jeune Afrique. L’expert préconise ainsi un retour aux fondements de la démocratie par l’instauration d’une « démocratie basée sur des débats d’idées par le peuple et qui feraient émerger des candidats ». Pour cet économiste, dans ces pays où le salaire moyen ne dépasse pas une centaine d’euros, la caution présidentielle devient un frein pour les petits candidats qui n’ont pas de capital financier.

Le montant des cautions présidentielles dans une vingtaine de pays d’Afrique subsaharienne :

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte