Finance

Oragroup lève 57 milliards de F CFA pour son entrée à la Bourse d’Abidjan

Façade de la banque Orabank, Abidjan, Côte d'Ivoire. Mars 2016. © Jacques Torregano pour Jeune Afrique

L’opération a été plus lente qu’anticipé. La cotation, prévue avant la fin mars, représente cependant la plus importante introduction à la Bourse régionale des valeurs mobilières.

Les 20 % du groupe panafricain Oragroup proposés aux investisseurs ont atteint le montant souhaité : 56,92 milliards de F CFA (86 millions d’euros). Un « succès » selon ses promoteurs, bien que l’opération se soit déroulée du 29 octobre au 22 novembre 2018, soit une semaine de plus qu’initialement indiqué. L’annonce de son bouclage intervient près d’un mois après la date de clôture initiale. En outre, le taux de souscription a atteint 100 % sur cette opération. Par comparaison, fin septembre 2017, Ecobank Côte d’Ivoire avait mobilisé 45 milliards de F CFA en moins d’une semaine, pour une demande de titres dépassant 200 % du montant souhaité. Il en va de même pour NSIA Banque Côte d’Ivoire, qui avait mobilisé environ 34 milliards de F CFA à la mi-2017.

Un groupe présent dans douze pays africains

Oragroup est présent dans douze pays africains, dont le Togo, la Côte d’Ivoire et le Gabon. Dirigé par la Malienne Binta Touré Ndoye, il compte 1 800 collaborateurs, pour un produit net bancaire de 164 millions d’euros en 2017 et un bénéfice de 33 millions d’euros.

Plusieurs facteurs sont invoqués pour expliquer le temps mis par Oragroup dans cette levée de fonds. Parmi eux : la contre-performance de NSIA et Ecobank Côte d’Ivoire depuis leur introduction en Bourse. La valeur du premier titre a été réduite de moitié en un an à 5 900 F CFA, à peine deux tiers du prix d’introduction.

Après une très forte croissance à plus de 30 000 FCFA après sa cotation, le titre Ecobank Côte d’Ivoire végète autour de 20 000 F CFA, son prix d’introduction. Des résultats qui ont refroidi l’enthousiasme des investisseurs.

Le prix du titre Oragroup jugé surévalué

De plus, certains analystes ont jugé le prix du titre Oragroup surévalué par rapport à celui de ses pairs, avec un ratio cours sur bénéfices (qui mesure la cherté relative d’un titre boursier) d’environ 11,8, contre une moyenne de 6,5 pour le secteur financier à la BRVM.

Un analyste de la place d’Abidjan, tout en recommandant l’achat du titre dans une perspective de moyen terme, recommandait un prix inférieur de plus de 15% à celui souhaité par Oragroup. D’autres observateurs du marché blâment le timing jugé défavorable de cette opération.

Retrait progressif d’Emerging Capital Partners

Cette opération permet au capital-investisseur Emerging Capital Partners de réduire à 50% sa participation dans Oragroup, étape cruciale dans sa stratégie de désengagement progressif du groupe bancaire. D’autres acteurs tels que les institutions de développement française (Proparco), allemande (DEG), belge (BIO), gabonaise (FGIS) et ouest-africaine (BOAD), ont également réduit leur participation.

La cotation des titres Oragroup est attendue avant la fin du premier trimestre. Elle marquera la plus importante introduction boursière de la Place d’Abidjan. En 1998, l’opérateur Sonatel avait mobilisé 34,4 milliards de F CFA pour son offre publique de vente, la première à 11 chiffres dans la sous-région. Sonatel reste de loin la première capitalisation à la BRVM à 1 600 milliards de F CFA (34% du total), devant le groupe panafricain Ecobank Transnational Incorporated (7%) et l’opérateur télécoms burkinabè Onatel (6%).

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