Diplomatie

Vers un nouveau report du sommet de l’East African Community

Les présidents des pays membres de l’East African Community, Yoweri Museveni, Uhuru Kenyatta, Jakaya Kikwete et Pierre Nkurunziza, lors du sommet États-Unis-Afrique d’août 2014. © Molly Riley/AP/SIPA

Reporté une première fois à cause de l'absence du Burundi, le 20ème sommet des chefs d'État de l'East African Community prévu le 27 décembre devrait à nouveau être reporté, selon plusieurs sources diplomatiques.

Pour la deuxième fois en trois semaines, l’East African Community (EAC) a pris la décision, après consultations, de reporter son sommet prévu à Arusha le 27 décembre pour favoriser une participation plus large des chefs d’État de la région, selon différentes sources diplomatiques au sein de l’EAC. Aucune date précise n’a pour le moment été fixée. « Le report a justement pour but de s’assurer une large participation des chefs d’État. Vu la situation actuelle, un sommet avec seulement un ou deux chefs d’État ne serait pas approprié », explique à Jeune Afrique le secrétaire d’État au ministère des Affaires étrangères en charge de l’EAC.

Ce second report intervient dans un contexte de fortes tensions entre plusieurs membres de l’EAC, dont le Burundi, le Rwanda et l’Ouganda, et ce alors que les efforts d’intégration économique se heurtent aux dissensions internes. Le premier ajournement du sommet avait été annoncé à la dernière minute le 30 novembre, alors que toutes les délégations, à l’exception du Burundi, étaient déjà présentes à Arusha. Pierre Nkurunziza, qui estimait avoir été prévenu trop tardivement de l’organisation du sommet, ce que plusieurs États membres ont contesté, avait choisi de boycotter la rencontre à l’issue d’un échange de courriers avec le chef d’État ougandais Yoweri Museveni, président en activité de l’EAC.

Échange musclé entre Museveni et Nkurunziza

Dans une lettre datée du 4 décembre adressée au président ougandais ainsi qu’aux États membres de l’EAC, Pierre Nkurunziza avait exigé la tenue d’un sommet spécial des chefs d’État de la région pour traiter de ce qu’il qualifie de « conflit ouvert » avec son « ennemi » rwandais. « Le seul sommet auquel les États partenaires ont été conviés est le sommet ordinaire du 27 décembre 2018 à Arusha. Ce sommet a un agenda bien précis et le Rwanda y participera », avait simplement commenté une source diplomatique rwandaise contactée par Jeune Afrique.

Plus direct dans sa réponse, Yoweri Museveni était allé jusqu’à évoquer une « manipulation » de l’EAC par Bujumbura. « Le fait qu’une partie déclare unilatéralement la fin d’une interaction peut ne pas être correcte (…). Pour ce qui est de ses membres [de l’EAC, ndlr], cela peut s’apparenter à de la manipulation, à savoir se servir de la région quand cela vous convient et la rejeter quand ce n’est pas le cas », avait-il écrit dans son courrier au président burundais le 8 décembre.

Au programme du sommet devait notamment figurer la présentation du rapport du facilitateur du dialogue interburundais Benjamin Mkapa mais aussi le choix du successeur de Yoweri Museveni à la présidence tournante du bloc. Le président rwandais Paul Kagame, qui devait prendre la suite du chef d’État ougandais en 2019, a finalement renoncé début novembre, évoquant un agenda trop chargé avec la poursuite des réformes au sein de l’Union africaine et la préparation du sommet des chefs d’État du Commonwealth à Kigali en 2020.

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