Transport aérien

Aérien : Qatar Airways avance ses pions en Afrique pour contourner le blocus

Un avion de la compagnie Qatar Airways. La compagnie qatarie est concernée par la décision des autorités américaines d'interdire l'utilisation d'ordinateurs et des tablettes sur certains vols vers les Etats-Unis. © Michael Probst/AP/SIPA

Confrontée à un blocus aérien, la compagnie Qatar Airways a annoncé, via son PDG, avoir créé 24 nouvelles lignes en 2017-2018, notamment vers l'Afrique, et vouloir y poursuivre son développement dans les prochains mois.

Akbar Al Baker a admis durant le Forum de Doha (Qatar), les 15 et 16 décembre, que sa compagnie aérienne Qatar Airways subissait des pertes financières importantes du fait du blocus – également aérien – imposé à l’émirat et qui oblige les appareils de Qatar Airways à éviter de survoler l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte.

« En moyenne, l’impact du blocus sur le temps de vol est de 20 minutes supplémentaires. Comptez plus d’une heure de trajet supplémentaire vers différents pays africains, par exemple trois heures supplémentaires vers le Soudan. Un trajet Doha-Khartoum est aujourd’hui l’équivalent d’un trajet Doha-Londres… », a ainsi souligné le PDG de la compagnie.


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24 nouvelles lignes aériennes créées

Un délai rédhibitoire pour de nombreux voyageurs, dans la mesure où l’aéroport Hamad de Doha est essentiellement un hub. Le PDG a annoncé avoir compensé la perte de 18 routes aériennes – « très lucratives » – vers les pays du blocus, par la création de 24 nouvelles lignes en 2017-2018, notamment vers l’Afrique. Le 9 décembre, Qatar Airways annonçait l’ouverture d’une ligne vers Mombasa au Kenya. Akbar Al Baker a également déclaré qu’une ligne vers Accra (Ghana) serait ouverte en 2019, ainsi que vers le Cameroun.

Nous allons y accroître très rapidement nos activités dans les vingt-quatre prochains mois

« L’Afrique possède un énorme potentiel et se trouve sous-desservie. Or, c’est le prochain continent de la croissance. Nous allons y accroître très rapidement nos activités dans les vingt-quatre prochains mois. Je reçois beaucoup d’invitations de pays qui veulent travailler avec nous. Je ne peux pas vous donner plus de détails, mais deux pays m’ont contacté aujourd’hui même. »

Concernant le Nigeria, le plus gros marché du continent, le PDG de Qatar Airways n’a pas résisté à lancer une pique à ses concurrents d’Emirates : « Nous desservons Lagos, la plus grande ville du continent. Nous sommes prêts à laisser à Emirates les passagers voyageant depuis Abuja ! »

Des conseils au Nigeria et au Ghana

Qatar Airways s’est également impliquée dans le conseil de pays africains, notamment au Nigeria qui cherche à relancer une compagnie nationale depuis le dépôt de bilan d’Air Nigeria en 2012.

« Nous avons conclu que le Nigeria avait d’abord besoin de se doter d’un aéroport international au niveau des normes internationales avant de lancer une compagnie aérienne nationale. Les choses ont évolué du point de vue de la sécurité, des flux de voyageurs et des infrastructures nécessaires. Le Nigeria voulant être connecté au monde et pas seulement à l’Afrique, nous leur avons offert notre expertise en matière de conception et de construction d’un hub international. Le Nigeria m’a également demandé des conseils sur les types d’appareils les mieux adaptés à leur activité. Le Ghana nous a également proposé d’investir dans un nouveau terminal, mais nous ne sommes pas parvenus à un accord sur ce point », a indiqué le patron de Qatar Airways.

Également PDG de l’aéroport international de Doha, Akbar Al Baker s’est déclaré prêt à y accueillir des compagnies aériennes africaines. « Nous sommes même disposés à leur offrir notre assistance et des incitations », a-t-il ajouté.

Le blocus aérien au centre des critiques

Plus généralement, Akbar Al Baker s’est montré mécontent du traitement que reçoit sa compagnie au sein de l’alliance Oneworld – qui regroupe 15 membres, dont Royal Jordanian et Royal Air Maroc. « Des membres de l’alliance ne veulent pas faire affaires avec nous, ou cherchent à nous mettre des bâtons dans les roues, en empêchant notre croissance. American Airlines est de ceux-là, ainsi que Qantas [la principale compagnie australienne, ndlr] qui fait des affaires aux Émirats. Le PDG de Qantas m’a approché pour m’indiquer qu’il y avait un consensus au sein de Oneworld pour convaincre Qatar Airways de rester. Nous nous rencontrerons en février lors d’une réunion à l’issue de laquelle nous prendrons notre décision. »

Personne ne devrait pouvoir créer des frontières dans le ciel. Mais le président du Conseil de l’OACI préfère détourner le regard

L’Organisation internationale de l’aviation civile (OACI) a également fait l’objet des foudres du dirigeant de Qatar Airways, qui lui a reproché de ne rien faire contre le blocus aérien imposé au Qatar : « Au-delà de la zone économique de 12 kilomètres, l’espace aérien n’appartient pas aux États, mais à la communauté internationale. L’OACI ne devrait pas accepter l’instrumentalisation de l’espace aérien à des fins politiques. Cela crée un précédent. Personne ne devrait pouvoir créer des frontières dans le ciel. Mais le président du Conseil de l’OACI [le Nigérian Olumuyiwa Benard Aliu, ndlr] préfère détourner le regard. »

Enfin, Akbar Al Baker a annoncé que les commandes actuelles de Qatar Airways s’élevaient à 300 appareils, pour un montant de 92 milliards de dollars… La flotte actuelle de Qatar Airways est de 234 avions.

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