Start-up

Start-up de la semaine : en Afrique du Sud, les drones d’Aerobotics au secours des agriculteurs

L’équipe dirigeante d’Aerobotics : Benjamin Meltzer (co-fondateur et directeur technique), James Paterson (co-fondateur et PDG), Andrew Burdock (directeur de l’exploitation) et Timothy Willis (directeur administratif et financier). © Aerobitics

Lancée il y a quatre ans, la start-up sud-africaine Aerobotics, présente dans une dizaine de pays, propose aux fermiers une analyse détaillée de l’état de leurs cultures.

Des drones et des images satellites à la rescousse des agriculteurs : c’est le pari d’Aerobotics, une jeune start-up sud-africaine fondée il y a quatre ans. En juillet dernier, elle a récolté plus de 2 millions de dollars en levée de fonds de série A. Des fonds qui seront utilisés « pour notre expansion en Afrique du Sud et aux États-Unis », explique son directeur administratif et financier, Timothy Willis.

L’idée d’Aerobotics germe en 2014. Les ingénieurs James Paterson et Benjamin Meltzer, qui ont étudié ensemble à la University of Cape Town avant de passer respectivement par le MIT et l’Imperial College London, sont de retour au Cap, où ils décident de se lancer ensemble dans l’aventure entrepreneuriale. Ils se penchent sur l’agriculture, un secteur crucial en Afrique du Sud, pris en étau entre des conditions climatiques difficiles et une politique de redistribution des terres qui inquiète certains agriculteurs.

Dans les exploitations fruitières, « les agriculteurs peuvent perdre jusqu’à 50 % de leurs récoltes à cause des maladies et des nuisibles », explique Timothy Willis, qui a rejoint Aerobotics en février dernier. La famille de James Paterson a un passé agricole, et les jeunes entrepreneurs voient dans le secteur un potentiel intéressant. La start-up voit ainsi le jour dans un garage, où ils s’attellent à la fabrication de drones pour dépister les risques qui menacent les cultures arboricoles.

Soutien de Nedbank

Les investisseurs s’intéressent assez vite à cette jeune pousse qui se lance sur le marché : leur levée de fonds d’amorçage, au cours de l’été 2017, s’élève à 650 000 dollars, apportés par les fonds 4Di Capital et Savannah Fund. Un an plus tard, la banque sud-africaine Nedbank devient leur principal soutien lors de leur levée de fonds de série A, qui récolte plus de 2 millions de dollars.


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Aerobotics compte aujourd’hui environ 500 clients arboriculteurs, qui utilisent l’imagerie satellite et drone fournie pour identifier les arbres à risques. Loin de ses débuts dans un garage du Cap, la start-up ne fabrique plus ses propres drones. « Nous avons un réseau de prestataires et proposons à nos clients un lot de trois vols de drones à l’année, ainsi que des images satellites fournies par Sentinel, l’agence spatiale européenne », explique Timothy Willis.

Pour 4 euros par hectare et par mois – la ferme moyenne comptant environ 100 hectares, soit un coût moyen de 400 euros mensuels – Aerobotics propose ensuite aux agriculteurs un accès à la plateforme et application mobile Aeroview, qui permet de consulter ces images aériennes pour identifier les potentielles zones à risques et de « résoudre les problèmes avant qu’ils ne deviennent une réelle menace ». Les agriculteurs peuvent également acheter leur propre drone et profiter chaque mois de l’accès à la plateforme pour 3 euros l’hectare.

Innovatrice de l’année

Depuis sa réorientation vers le « tout-virtuel », il y a deux ans, Aerobotics connaît une expansion massive. Après avoir été sélectionnée par l’accélérateur de start-up de Google, elle a été couronnée « Innovatrice de l’année » aux All Africa Business Leaders Awards en novembre et désignée comme l’une des cinq start-up les plus prometteuses d’Afrique du Sud par le groupe d’investissements Nedgroup Investments.

Selon le directeur administratif et financier, ce succès est largement dû à l’originalité de son produit. « Nous sommes les seuls dans le monde à pouvoir identifier les arbres individuels dans une culture arboricole, et à offrir des données – la hauteur, le volume, la santé – pour chaque arbre. Les fermiers avec des plantations assez étendues ne savent pas ce qui se passe dans leurs cultures à un moment précis – nous leur en donnons un aperçu, avec un très haut niveau de détails et de qualité », indique Timothy Willis.

10 millions d’arbres analysés

Si la grande majorité – 90 % – de leurs clients sont en Afrique du Sud, les entrepreneurs ont engagé une manœuvre d’expansion internationale, et les drones d’Aerobotics sont désormais présents dans plus de 10 pays, dont les États-Unis. Une stratégie fructueuse : entre juillet et novembre 2018, l’entreprise a doublé le nombre d’arbres analysés par sa plateforme, passé de 5 millions à 10 millions, chaque arbre représentant une source importante de données. « Le dernier million d’arbres, nous l’avons atteint en cinq jours », insiste Timothy Willis.

Difficile pourtant pour l’équipe d’Aerobotics de chiffrer la satisfaction de sa clientèle, car le rendement d’une exploitation agricole peut rarement être expliqué par une cause unique. Cependant, le directeur financier se réjouit : « la fidélité de nos clients et la hausse des inscriptions sur notre plateforme reflètent la qualité de notre service ». Avant de conclure : « les fermes de taille moyenne sont plutôt performantes en Afrique du Sud, et nous aidons beaucoup de fermiers à continuer dans ce domaine ».

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