Économie

Mohcine Jazouli : « Seuls 2 à 3 % des projets marocains en Afrique risquent d’être abandonnés »

Mohcine Jazouli dirige maintenant un ministère délégué auprès de celui des Affaires étrangères, chargé des Affaires africaines et de l’Investissement. © DR

Chantier du gazoduc Nigeria-Maroc, adhésion à la Cedeao et à la Zlec, avancement des projets... Le ministre marocain chargé de la Coopération africaine fait le point sur les principaux dossiers du royaume sur le continent.

Le 22 janvier prochain, Mohcine Jazouli soufflera sa première bougie à la tête du département dédié exclusivement à la Coopération africaine. Jeune Afrique l’a rencontré en marge de la 7e édition des Atlantic Dialogues, organisés par le think tank Policy Center for the New South (ex-OCP Policy Center), afin de passer en revue les grands chantiers marocains sur le continent.


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Jeune Afrique : Qu’avez-vous pu accomplir durant cette première année de votre mandat ?

Mohcine Jazouli : La première des choses était de monter une équipe, mais aussi de comprendre l’administration, vu que j’ai effectué toute ma carrière dans le secteur privé. Il a fallu ensuite analyser l’ensemble des projets signés. C’est un énorme défi, étant donné qu’il y a eu quelque 500 conventions ratifiées devant le roi Mohammed VI ces cinq dernières années, et près d’un millier au cours des deux dernières décennies. Cette vision royale pour l’Afrique est une feuille de route toute tracée pour mon département. Il s’agit maintenant de la rendre opérationnelle sur le terrain.

Où en est justement l’avancement de ces différents projets ? Pouvez-vous nous donner un taux de réalisation ou d’avancement global ?

Il est compliqué d’avancer une statistique précise. Par exemple, est-ce qu’un projet réalisé à 80 % va être considéré comme fait ou à faire ? Ce qui est certain, c’est que nous suivons l’ensemble de ces projets comme le lait sur le feu. Nous les avons cartographiés par régions, par pays, par secteurs, par opérateurs… Nous avons très vite mis en place un système d’information qui nous permet aujourd’hui de savoir à tout moment où en est l’état d’avancement pour chacun des projets, qui en sont à des stades de maturation différents. Et c’est un travail colossal.

Ça ne va ni plus vite, ni moins vite, que les projets que j’avais l’habitude de suivre dans ma précédente vie dans le secteur privé

Après, il y a le suivi sur le terrain : nous profitons des visites que nous menons pour dépasser les facteurs de blocages que peuvent rencontrer certains projets. D’une façon générale, tout avance normalement. Ça ne va ni plus vite, ni moins vite, que les projets que j’avais l’habitude de suivre dans ma précédente vie dans le secteur privé.

Ne vous êtes-vous pas rendu compte qu’il y a des projets irréalisables, voire caducs ?

Il est vrai qu’il y a des projets qui, pour des raisons indépendantes de notre volonté, ne peuvent pas avancer. Peut-être un jour, ils seront considérés comme abandonnés. Mais ce « taux de déchet » est très faible : il ne dépasse pas les 2 à 3 %.


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À quel stade en est le fameux chantier du gazoduc Nigeria-Maroc ?

Les études de faisabilité détaillées sont en cours, et elles prennent du temps. C’est un projet stratégique qui concerne une dizaine de pays, et dont l’impact socio-économique sur chacun est important. Nous ne pouvons pas nous amuser à faire dans l’effet d’annonce, car il faut plutôt que les choses avancent dans la sérénité. Pour l’heure, certains choix stratégiques n’ont pas encore été arrêtés, et le planning de réalisation n’est pas encore finalisé.

L’adhésion du Maroc à la Cedeao semble être au point mort. Est-elle encore d’actualité, alors que l’on se dirige vers la mise en place d’une Zone de libre échange continentale africaine (Zlec) ?

Le Maroc a obtenu un accord de principe de la part des États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cedeao). Avant de finaliser le processus d’adhésion, il reste à finaliser des études d’impact globales ou spécifiques à certains pays de la zone.

Le Maroc fait déjà partie des pays signataires de la Zlec, mais n’a pas encore apporté ses instruments de ratification

Quant à la Zlec, 13 pays africains ont déjà apporté les instruments de ratification pour cette future zone qui ouvre un marché de 1,2 milliard d’habitants. Le Maroc fait déjà partie des pays signataires, mais n’a pas encore apporté ses instruments de ratification. L’idée, c’est qu’avant juin 2019, on puisse atteindre 22 pays signataires pour rendre cette zone opérationnelle. C’est l’ambition du prochain président de l’Union africaine.

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