Économie

Sénégal : Futurs Médias élargit son répertoire

L'animateur Samba Sine, alias Kouthia, sur le plateau de son émission Kouthia Show, le 31 mars 2011, à Dakar, Sénégal. © Émilie Régnie

Presse, télévision, radio, internet... Sous l'impulsion de son fondateur, Youssou Ndour, le groupe sénégalais déploie des projets tous azimuts. Et s'attaque même à de nouveaux secteurs, comme l'emballage.

Habituellement discret, Mamoudou Ibra Kane, directeur général adjoint du Groupe Futurs Médias (GFM), ne cache plus ses réserves sur la manière dont le Sénégal gère le passage à la télévision numérique terrestre (TNT). Le président Macky Sall a confié ce chantier, évalué à 40 milliards de F CFA (61 millions d’euros), à l’un de ses concurrents, Excaf Telecom. « L’État nous doit des éclaircissements », affirme Ibra Kane.

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Si le premier groupe audiovisuel privé du pays grince des dents, c’est parce que cette évolution technologique va bouleverser le paysage médiatique.

Des dizaines de chaînes verront le jour dès juin 2015. Mais, pour l’heure, personne ne sait sur quels critères seront choisies celles qui pourront diffuser. « C’est un enjeu majeur pour notre développement. Nous voulons créer plusieurs chaînes thématiques destinées à la TNT : sport, information – probablement en wolof et en français -, divertissement, musique… », explique Mamoudou Ibra Kane.

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L’objectif pour le groupe, dont le chiffre d’affaires atteint 5 milliards de F CFA, est de rediffuser sur les canaux de la TNT des programmes de sa chaîne généraliste TFM. Grâce à ces émissions populaires et déjà payées, le groupe espère dépasser bientôt le cap des 2 milliards de F CFA de revenus publicitaires.

D’autant que l’arrivée de la TNT va rééquilibrer la manière dont les annonceurs répartissent leurs investissements. Aujourd’hui, environ 80 % des budgets publicitaires destinés à la télévision (évalués à 14 milliards de F CFA en 2010) sont alloués à la chaîne publique RTS1.

Annonceurs

Même s’il ne gère plus au jour le jour la société qu’il a créée en 2003, Youssou Ndour en reste le stratège. Et le chanteur entend bien renforcer la présence de GFM sur internet. Depuis près d’un an, le groupe édite un site d’information généraliste en français qui emploie une quinzaine de salariés. Les programmes produits pour la télévision seront, eux aussi, prochainement mis en ligne. C’est Birane Ndour, un des fils du chanteur, qui pilote cette activité.

GFM innove aussi dans la presse écrite. L’Obs, créé en 2003 et qui, avec une diffusion de 100 000 exemplaires, est le premier quotidien en langue française d’Afrique de l’Ouest, présentera une nouvelle formule en octobre prochain. Il s’agit d’accorder plus de place à l’actualité sous-régionale. En effet, le groupe souhaite étendre en 2015 la diffusion du titre à la Guinée et à la Mauritanie, voire à la Côte d’Ivoire, où résident d’importantes communautés sénégalaises. Le même mois, Futurs Médias inaugurera JFM, une deuxième station de radio pour compléter l’offre de RFM, et toucher les jeunes de 15 à 25 ans.

Téléphonie

Mais c’est en dehors du secteur des médias que GFM pourrait accélérer sa croissance. Youssou Ndour ne fait pas mystère de son intérêt pour une éventuelle quatrième licence d’opérateur de téléphonie. En outre, en octobre 2013, le groupe a obtenu de la part d’Afreximbank une facilité de crédit de 18,2 millions d’euros pour un projet d’imprimerie spécialisée dans l’emballage. Cette usine sera construite à Diamniadio, non loin du futur aéroport Blaise-Diagne. Le pari est de taille, car le marché national de l’emballage, dominé par des produits importés, est évalué à près de 70 millions d’euros.

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