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Wole Soyinka

| Écrit par Propos recueillis par Tirthankar Chanda, avec Éli

Dirigeants africains, droits de l’homme, racisme, démocratie bafouée… Le Prix Nobel de littérature nigérian est un homme en colère. Entretien exclusif.

La barbe et la coiffure hirsute sont blanches depuis longtemps maintenant. Mais l’homme qui les porte avec le même soin depuis des décennies ne s’est pas assagi pour autant. Icône littéraire, référence morale et impénitent opposant politique, Wole Soyinka, 73 ans, continue de se battre sur les fronts de l’imaginaire et de la démocratie.
Dramaturge, poète, romancier, essayiste et critique, le Nigérian le plus connu en dehors de son pays (avec Fela Anikulapo Kuti) a été le premier Africain récompensé pour son uvre littéraire par le jury de l’académie Nobel en 1986. Né en 1934 au sein de la communauté yorouba, Soyinka, qui a fait ses études à Ibadan (Nigeria), puis à Leeds (Royaume-Uni), a commencé sa carrière d’écrivain dès les années 1950. Il a une quarantaine de titres à son actif, dont les plus connus sont ses pièces de théâtre (notamment Le Lion et la Perle, La Mort et l’Écuyer du roi, Les Bacchantes d’Euripide) où se mêlent la tradition européenne et l’influence des rituels populaires. Ses essais (réunis en deux volumes non traduits en français, Myth, Literature and the African World et Art, Dialogue and Outrage) nourrissent la réflexion africaine sur l’art et la littérature. À la fois avant-gardiste et traditionnelle, engagée et lyrique, l’uvre de Soyinka « façonne le drame de l’existence dans une large perspective culturelle et avec des connotations poétiques », notait le communiqué officiel de l’Académie suédoise en 1986.
Mais Soyinka n’est pas seulement un homme de lettres. C’est aussi un dissident politique qui s’est élevé courageusement contre les dictatures ou les coups d’État militaires dont son pays était coutumier de l’indépendance jusqu’au début des années 2000. Son long combat pour la démocratie lui a valu la prison, l’exil et la condamnation à mort par contumace. Ses coups de gueule énergiques ont également fait de lui la conscience morale du Nigeria. Et de l’Afrique tout entière.
Malgré l’énergie qu’il met encore à dénoncer les injustices, Soyinka aurait-il vieilli ? Le nouveau volume de ses mémoires, qui vient de paraître en traduction française sous le titre Il te faut partir à l’aube*, témoigne de sa difficulté à concilier les impératifs de la figure publique qu’il est devenu avec son désir de solitude et de paix. « Moi qui suis un fanatique de la tranquillité des cabinets de travail », soupire-t-il. Les 650 pages remplies d’anecdotes ont été saluées par la critique comme « une épopée de l’esprit humain et une somme de l’histoire du Nigeria ». Mais le récit des turbulences d’une vie presque trop pleine laisse transparaître la petite musique qui s’élève du fond du cur d’un Ulysse qui n’aspire qu’à la paix du foyer (le livre est dédié à son épouse Adefolake) et au silence de la sépulture déjà choisie (« le coin de cactus de ma maison d’Abeokuta », dans le sud-ouest de son pays natal).
Wole Soyinka partage aujourd’hui sa vie entre le Nigeria et les États-Unis, où il occupe le poste de professeur principal à l’institut Black Mountain (université du Nevada) et de professeur associé à l’institut Dubois (université Harvard). De passage à Aix-en-Provence, il a accepté de mêler, encore une fois, ses réflexions sur la littérature et les préoccupations sur l’avenir de son pays et de son continent.

* Il te faut partir à l’aube, Actes Sud, septembre 2007, 650 pages, 28 euros.

« L’Afrique souffre de la mauvaise farce démocratique »

Jeune Afrique : Vous avez dit que l’écriture était pour vous une vocation. Quand vous êtes-vous rendu compte que vous en feriez votre vie ?
Wole Soyinka : Je suis venu à l’écriture à un très jeune âge, sans réellement savoir ce qu’écrire voulait dire. Mes premières nouvelles furent publiées dans un magazine de l’école. J’ai le souvenir d’avoir envoyé au début des années 1950 des poèmes à des concours littéraires pour écrivains en herbe. Et puis, une pièce de théâtre que j’avais fait parvenir à la radio a été diffusée sur les ondes de la Nigerian Broadcasting Corporation. Je venais tout juste de quitter l’école. Quelle ne fut ma fierté !

Dans le nouveau volume de vos mémoires, Il te faut partir à l’aube, vous revenez sur votre lutte pour la démocratie et la justice au Nigeria ces trente dernières années. C’est un livre où il est beaucoup question de mort, d’échecs et de désespoir
C’est vrai, mais j’y décris aussi les moments de joie et de bonheur que j’ai connus tout au long de ma vie. Il te faut partir à l’aube est un livre très différent du précédent tome de mes mémoires (Ibadan, les années pagaille), dont la structure était plus serrée. À mesure que vous avancez dans la vie, le rythme s’accélère. Votre vie est plus riche en péripéties, certaines tristes, d’autres moins. J’ai réorganisé le récit plusieurs fois pour en atténuer le côté mélancolique. J’ai toujours été sensible à l’absurdité de l’existence. C’est ce qui m’a d’ailleurs permis de préserver ma santé mentale face aux événements terrifiants et traumatisants que j’ai été amené à vivre.

Pourquoi vous attardez-vous autant sur la politique dans votre livre ?
La décision de l’écrire coïncide avec la période de ma vie où j’étais menacé physiquement en raison de mes activités politiques. Je militais alors contre la dictature du général Sani Abacha, sans doute le régime le plus exécrable que le Nigeria ait jamais connu. Le gouvernement avait fait coller aux quatre coins du pays des affiches avec ma photo et cette légende : « Wanted. Dead or Alive » (« Recherché, mort ou vif »). Mes proches avaient été arrêtés, ainsi que des inconnus qui avaient la malchance de me ressembler. J’ai été jugé par contumace, pour haute trahison. À l’époque, j’étais professeur invité à l’Emory University aux États-Unis, mais j’ai dû renoncer à habiter sur le campus, à Atlanta, car le gouvernement nigérian y avait ouvert un consulat dans le seul but de pouvoir suivre à la trace les dissidents qui, comme moi, avaient trouvé refuge en Amérique. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à écrire ce volume de mémoires. Mais quand le régime d’Abacha est tombé [en juin 1998, NDLR], j’ai jugé que cela ne servait plus à rien. Si le livre existe aujourd’hui, c’est grâce à la persévérance de mon éditeur. Il s’était engagé financièrement sur le projet. Aussi ai-je dû me remettre à l’écriture [rires].

Vous décrivez dans vos mémoires la descente aux enfers de votre pays. Pensez-vous que la situation politique y va de mal en pis ?
Les huit années qui se sont écoulées depuis la chute d’Abacha ont été particulièrement décevantes. Contrairement à ce qu’affirment les hommes politiques, il n’y a pas eu la moindre avancée démocratique. Olusegun Obasanjo a pris la société civile en otage. Lui qui a souffert dans sa chair pendant la dictature, lui qui a été en prison et qui aurait sans doute été exécuté sans la mobilisation des démocrates comme moi-même, lui qui a connu les privations et les persécutions On s’attendait à ce qu’il fasse tout pour implanter la démocratie en terre nigériane. Mais il s’est révélé un dictateur particulièrement machiavélique. Il y a presque eu plus d’assassinats politiques sous son régime que sous celui d’Abacha. Les brutalités de la police, les abus de pouvoir, la corruption et les tentatives de subversion de la Constitution ont été des leçons douloureuses pour les Nigérians.

Dans votre livre, vous évoquez l’égoïsme, la gabegie et l’absence de scrupules des futurs hommes politiques nigérians que vous rencontriez à Londres à la fin des années 1950. N’était-ce pas, déjà, des signes avant-coureurs des déceptions à venir ?
Le Nigeria était mal parti. Nous pâtissons aujourd’hui des conséquences de la mauvaise farce démocratique qu’on nous joue depuis l’indépendance et dont les premières scènes ont été écrites par les Britanniques. J’impute bien évidemment la responsabilité des dysfonctionnements dont souffre notre société depuis cinquante ans aux élites nigérianes. Mais force est de reconnaître que les colonisateurs ont pris une part active dans le dévoiement de notre démocratie. De hauts fonctionnaires britanniques à la retraite viennent de révéler comment l’administration coloniale avait truqué les résultats du recensement pour s’assurer que le pouvoir aille aux catégories les plus réactionnaires de la société nigériane. L’armée, par exemple.

Comment expliquez-vous que, depuis l’indépendance, les Nigérians n’aient pas réussi à poser les bases d’une véritable démocratie ?
Nous n’avons pas su saisir les multiples opportunités qui se sont présentées. Dernière en date : l’élection présidentielle de 2007. Obasanjo l’a gâchée. Une opportunité similaire s’était déjà présentée en 1993, lorsque les citoyens sont allés voter comme un seul homme, déterminés à mettre fin au régime militaire. Ils en avaient assez des dirigeants corrompus jusqu’à l’os. Ils se sont autodisciplinés, arrêtant eux-mêmes les perturbateurs avant de les remettre entre les mains de la police. La communauté internationale a reconnu que ces élections étaient les plus libres et les plus démocratiques jamais tenues sur le sol nigérian. Mais elles ont été annulées par le régime. Il a suffi d’un seul individu – le général Ibrahim Badamasi Babangida – pour réduire à néant les aspirations de millions de Nigérians. Ces derniers n’oublieront jamais sa lourde responsabilité dans l’échec de leur pays à accéder à la démocratie.

Que pensez-vous de Umaru Yar’Adua, élu chef de l’État nigérian en avril 2007 ?
C’est un honnête homme plein de bonnes intentions. Mais il n’a pas été choisi par les Nigérians. Son élection était une farce. Umaru Yar’Adua a été mis à la tête du pays par Obasanjo, qui a détourné le processus électoral. Il a placé ses hommes liges aux positions stratégiques. Le président du Sénat est un ancien militaire proche d’Obasanjo, tout comme le président du PDP [People’s Democratic Party, au pouvoir, NDLR].

Pourquoi vous exprimez-vous rarement sur l’utilisation de la manne pétrolière ?
J’aurais préféré que le Nigeria ne possède pas une goutte de pétrole, car ce dernier est une malédiction. Si nous avions développé l’agriculture ou les petites et moyennes entreprises, notre pays ne se reposerait pas sur la rente d’une seule et unique ressource. Les revenus tirés de l’exploitation des hydrocarbures représentent les deux tiers de la richesse nationale. Mais, paradoxalement, la principale région productrice n’en profite pas. J’ai vu la misère et la pauvreté des populations de l’État du Delta. Elles vivent dans le dénuement total, alors que leurs dirigeants s’enrichissent auprès des multinationales. Il ne faut donc pas s’étonner que les jeunes en appellent à l’insurrection armée. On risque d’assister à des drames si rien n’est fait pour corriger les déséquilibres scandaleux qui dominent la région.

Le Nigeria a-t-il le moindre espoir de sortir prochainement de ce que vous nommez vous-même la « pagaille » ?
Je ne suis pas prophète. Je constate seulement que cinquante ans après l’indépendance, le pays demeure gouverné par des intérêts personnels. Le rêve de le voir devenir une nation moderne et soudée s’éloigne chaque jour un peu plus. Ses ressources continuent d’être pillées par les puissances étrangères avec le consentement d’une élite locale corrompue. Les blessures de la colonisation, ravivées par les dictatures militaires et les trahisons d’autocrates sans scrupule – comme Obasanjo -, ne se cicatriseront pas de sitôt. À nos maux traditionnels est venu récemment s’ajouter l’extrémisme religieux. Le Nigeria est un cocktail explosif.

Comme le Zimbabwe, qui connaît une situation peu reluisante. Qui en est responsable ? Robert Mugabe ou les les anciens colonisateurs auxquels il veut faire porter le chapeau ?
Robert Mugabe a probablement raison quand il dit que les Britanniques n’ont pas honoré les engagements pris lors des accords de Lancaster House en 1979. Mais cela justifie-t-il qu’il opprime son propre peuple ? Cela l’autorise-t-il à brutaliser ses opposants politiques ? Il a fait raser des bidonvilles entiers car leurs habitants soutenaient l’opposition Mugabe est un autocrate obsédé par le pouvoir. Il considère qu’en raison du rôle éminent qu’il a joué dans la libération ?de son pays il est investi par Dieu pour gouverner le Zimbabwe. Mais cet homme a plus de 80 ans ! ?Le meilleur service qu’il puisse aujourd’hui rendre à ses compatriotes, c’est de quitter la présidence. Ses litanies sur le ?non-respect des accords de Lancaster House et la nécessité de la réforme agraire sont autant de prétextes pour s’accrocher au pouvoir.

Comment expliquez-vous que l’opinion publique africaine, ainsi que nombre de dirigeants du continent, lui voue encore une certaine admiration ?
Les chefs d’État aiment bien se rendre des petits services. Et puis le pouvoir absolu aveugle absolument ! Heureusement, la politique de Mugabe ne fait pas l’unanimité sur le continent.

En 2004, l’Union africaine [UA] a lancé au Darfour sa première opération de maintien de la paix. Les Africains peuvent-ils résoudre les problèmes de leur continent entre eux ?
L’Union africaine n’est pas en mesure de résoudre tous les maux du continent. Après tout, des soldats africains sont déployés dans d’autres régions du monde pour des opérations de maintien de la paix. Alors pourquoi ne pouvons-nous pas accepter que des forces composées de soldats issus d’autres régions du globe viennent nous aider à faire régner la paix ? Les communautés menacées par les conflits se sentiraient probablement davantage en sécurité si elles étaient protégées par des troupes non africaines, plus neutres et qui ne présentent aucun risque d’être parties prenantes au conflit.
Sur la question particulière du Darfour, je suis d’ailleurs satisfait que l’UA ne tienne plus les propos puérils consistant à qualifier d’« affaire de famille » les crimes commis contre les tribus non arabes au Soudan. Quand je suis agressé, que ma mère et ma sur sont violées, que mes puits d’eau sont empoisonnés et mon bétail abattu, que dois-je faire ? J’appelle au secours ! Même si mes agresseurs sont mes cousins. Nous devons surmonter nos inhibitions et appeler les choses par leur nom, afin de mettre fin à l’oppression d’où qu’elle vienne. Oui, des crimes contre l’humanité ont été commis au Darfour. Je suis persuadé que seul le déploiement rapide d’une force onusienne peut mettre fin à l’arrogance intolérable du gouvernement soudanais.

Que pensez-vous de l’amendement dit ADN, autorisant les consulats français à proposer les tests génétiques pour le regroupement familial ?
On assiste partout en Occident à une « lepénisation des esprits » [du nom du chef de l’extrême-droite française, Jean-Marie Le Pen, NDLR] qui se reflète dans les discours officiels et scientifiques. Le généticien américain James Watson a déclaré récemment détenir la preuve scientifique que les Blancs étaient intellectuellement supérieurs aux Noirs. La quasi-obligation faite aux étrangers désireux de venir s’installer en France de se soumettre à des tests génétiques qu’on n’impose pas aux Français s’inscrit dans une logique de racialisation des comportements. Les autorités des pays d’origine devraient dénoncer de telles pratiques et imposer les mêmes obligations aux ressortissants français souhaitant se rendre chez eux

La Chine devient un partenaire majeur du continent africain. Est-ce une bonne chose ?
Les partenariats économiques entre États se font et se défont en fonction des intérêts mutuels. Pendant la guerre froide, les pays africains étaient obligés de commercer avec l’un ou l’autre des deux blocs. Même si le choix était purement théorique, il a eu des conséquences souvent destructrices. Les termes de l’échange étaient en général défavorables. L’histoire des tétines russes est, à ce propos, édifiante. Après avoir dit « non » à de Gaulle, la Guinée a négocié in extremis des accords commerciaux avec l’URSS afin d’écouler ses ressources minérales. En échange de son aluminium, la Guinée a été obligée d’acheter aux Soviétiques des tétines pour enfants. Un bateau entier est arrivé à Conakry. Ces tétines sont encore en train de moisir dans un entrepôt, car elles n’ont jamais trouvé preneurs ! La question n’est donc pas de savoir si la Chine sera un partenaire loyal de l’Afrique. Il faut plutôt se demander s’il est dans notre intérêt de commercer avec elle. Il revient aux nations africaines, indépendantes et souveraines, de décider si les échanges avec la Chine sont avantageux pour elles. Cette décision doit être prise en tenant compte non seulement des conditions commerciales, mais également des intérêts politiques à court et à long terme du pays en question, et de l’Afrique en général. La diplomatie chinoise au Darfour, par exemple, est très dangereuse.

Alpha Oumar Konaré va quitter en janvier prochain la présidence de la Commission de l’UA. Comment jugez-vous son action depuis 2003 ?
L’UA est une organisation utile, mais il lui faudra encore du temps pour acquérir une autorité comparable à celle de l’Union européenne. Elle devrait prioritairement uvrer pour une intégration régionale autour de quelques valeurs fondamentales telles que la démocratie, l’élimination de la pauvreté et la lutte contre la corruption. Les dirigeants africains ont gaspillé l’enthousiasme et l’euphorie nés des indépendances. Le prochain président de la Commission de l’UA devra faire preuve d’imagination et proposer des initiatives fortes afin de nous redonner confiance en l’avenir.

Quel est le rôle de l’écrivain face aux problèmes que connaît le continent ?
L’une des principales missions de la littérature est de dévoiler les injustices. L’écrivain prend sa plume pour décrire l’horreur et exprimer sa révolte. L’indignation est une forme de catharsis. Les écrivains ont également le devoir d’imaginer l’avenir. Notre situation me fait parfois penser aux bannettes de rangement qui ornent les bureaux des fonctionnaires. Une première pour les dossiers reçus, une deuxième pour les dossiers traités et une troisième pour les dossiers à conserver pour mémoire. La littérature ressemble à cette troisième bannette car elle est dépositaire des idées à traiter plus tard. Il faut parfois plusieurs années pour que ces idées mûrissent et parviennent dans toutes les couches de la société.

Vous citez dans Il te faut partir à l’aube un proverbe yorouba qui dit que « lorsqu’on est proche du statut des anciens, on perd le goût des batailles ». Votre vie prouve le contraire. Mais vos batailles n’auraient-elles pas plus de chances d’aboutir si vous étiez vous-même parlementaire, ministre ou, pourquoi pas, président du Nigeria ?
Je suis un écrivain. Pas un homme politique. J’ai décrit dans mes livres l’ivresse du pouvoir, mais ce dernier ne m’a jamais personnellement attiré. Après la mort de Sani Abacha ou à l’occasion du dernier scrutin, on m’a poussé à me présenter à l’élection présidentielle. Après avoir mûrement réfléchi, je me suis rendu compte que je n’avais pas la fibre politique. Je ne m’imagine pas du tout faire campagne, embrasser des bébés, serrer des mains. La politique est, en outre, une occupation à plein temps. On ne peut pas en faire en dilettante. Mes amis évoquaient l’exemple de Vaclav Havel, qui est passé du théâtre à la politique en Tchécoslovaquie. Mais je me rappelle très bien à quel point Havel était agacé quand on lui demandait s’il trouvait encore le temps d’écrire entre deux réunions ministérielles. Le président tchèque répondait alors sèchement : « J’essaye de construire une société nouvelle et vous me demandez si j’ai encore le temps d’écrire ! » Je ne comprends que trop bien les causes de cette frustration. Voilà pourquoi j’ai décidé de ne jamais briguer de mandats politiques. Une bonne fois pour toutes.

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