Économie

Ebola : le cri d’alarme de onze grands patrons africains

Onze dirigeants d’entreprises internationales installées en Afrique de l’Ouest en appellent à la communauté internationale, souhaitant un effort global plus important et mieux coordonné et une levée des interdictions de voyager.

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Mis à jour le 8 septembre 2014 à 18:08
Ils s’appellent John Kavanagh, Lakshmi Mittal, David Reading, Bob Jones, David Rothschild, Dan Betts, Stephen J.J. Letwin, Graeme Hossie, Tony Carr, Gary Goldberg, Mark Bristow, et pèsent quelques milliards. Issus pour l’essentiel du monde minier, ces grands patrons ont décidé de pousser un cri d’alame à l’intention de la communauté internationale. 

Selon l’OMS, près de 4 000 personnes ont été infectées par Ebola depuis le début de l’année, et plus de 2 000 ont succombé, essentiellement dans trois pays : Guinée, Liberia et Sierra Leone.

« Le bien-être des populations est aggravée par les décisions prises et les actions qui affectent les mouvements et le commerce dans la région »

Ces grands patrons se disent « concernés par l’impact du virus Ebola sur les économies des pays affectés et sur le bien-être des populations, qui est aggravée par les décisions prises et les actions qui affectent les mouvements et le commerce dans la région », selon un communiqué rendu public le 8 septembre par Randgold, une compagnie minière active en Afrique de l’Ouest. 

Tous appellent à un effort mondial plus large et mieux coordonnée. « La communauté internationale a une expérience forte pour répondre aux catastrophes naturelles comme les ouragans ou les tremblements de terre. Nous avons besoin d’un niveau similaire de détermination pour lutter contre une épidémie qui pourrait causer beaucoup de tort à cette région », affirment-ils, saluant la déclaration du président Obama au sujet d’un soutien militaire dans la zone.

Levée des interdictions

« Il existe un risque que les mesures prises pour restreindre les voyages vers les pays les plus touchés par le virus aggravent la crise humanitaire croissante », affirment-ils appellant ainsi dans la foulée des recommandations de la Cedeao et de l’Organisation mondiale de la santé à une levée des interdictions de voyage. Les signataires appellent également à l’ouverture de corridors humanitaires et économiques. « Les restrictions excessives de voyage et la fermeture des frontières auront un effet négatif sur les économies de la sous-région », a déclaré fin août John Mahama, président du Ghana et de la Cedeao.

Le 8 septembre dans la journée, l’Union Africaine a également appelé au cours d’une réunion d’urgence à lever les interdictions de voyager.

« Sans le soutien de la communauté internationale, la situation de ces pays, dont beaucoup commencent à peine à retrouver la stabilité après des décennies de guerre civile, sera encore plus catastrophique », concluent-ils. Les pays touchés par l’épidémie d’Ebola pourraient voir leur taux de croissance chuter de 1 à 1,5 point cette année selon la Banque africaine de développement, qui a annoncé sa volonté de mobiliser 150 millions de dollars en appui budgétaire aux pays touchés.