Diplomatie

Amr Moussa, ex-ministre égyptien : « Le monde arabe n’a pas de leçons à recevoir »

L'ex-secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, en janvier 2011. © Amr NABIL/AP/SIPA

Une des têtes d'affiches de la 7ème édition des Atlantic dialogues, organisée à Marrakech par le think tank Policy Center for the New South, n'est autre que l'ancien secrétaire général de la Ligue arabe et chef de la diplomatie égyptienne, Amr Moussa (82 ans). Entretien express.

Pour l’ex-ministre des Affaires étrangères égyptien (1991-2001), la situation du monde arabe et particulièrement de son pays, est « meilleure » depuis les révolutions de 2011 que ce qu’elle n’était avant les soulèvements. Selon lui, les problèmes entre pays arabes doivent se régler « entre frères ».


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Jeune Afrique : La Ligue arabe, que vous avez dirigé pendant dix ans (2001-2011), remplit-elle encore sa mission d’unir les pays arabes ?

Amr Moussa : Je pense que la Ligue arabe sera toujours utile et doit être pérennisée. Elle doit rester cette plate-forme qui rassemble les pays arabes. Mais elle doit passer par un processus de reconstruction. Une reconstruction qui ne peut être menée qu’en coordination et en bonne compréhension des pays membres. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, et c’est ce qui explique les crises actuelles. Après tout, la Ligue arabe n’est que le reflet du monde arabe.

Dans les pays du Golfe, comme au Maghreb et au Moyen-Orient, le monde arabe est plus divisé que jamais. Comment s’y prendre pour dépasser les crises et conflits de voisinage ?

Les différends entre les pays arabes ont toujours existé ; ils existent encore et existeront toujours. Mais ce n’est pas spécifique au monde arabe : dans toutes les régions du monde, les crises sont présentent. Il n’y a qu’à voir ce qui se passe actuellement au sein de l’Union européenne.

Le monde arabe doit régler ses problèmes dans un cadre de concertation et de compréhension entre frères

Nous n’avons donc pas de leçons à recevoir de quiconque, encore moins d’organisations qui n’arrivent pas à régler leurs propres crises. Le monde arabe doit régler ses problèmes dans un cadre de concertation et de compréhension entre frères.

Comment voyez-vous l’évolution des sociétés arabes après les révolutions de 2011 ?

Nous passons par un grand changement. Les choses ne seront plus jamais comme par le passé. Et si quiconque tente de revenir en arrière, il ne réussira pas, mais fera surtout beaucoup de torts aux sociétés arabes. Nous sommes face à un nouveau monde arabe.

Si on prend l’exemple de l’Égypte, qu’est-ce qui a concrètement changé ? Le pays d’Abdel Fattah al-Sissi est-il meilleur que celui de Hosni Moubarak ?

Il ne faut pas se focaliser sur les personnes ou sur l’Égypte d’hier, mais plutôt parler de l’Égypte d’aujourd’hui et l’Égypte de demain. En toute sincérité, mon pays vit aujourd’hui dans la stabilité et marche vers son avenir. Il y a bien évidemment une multitude d’avis et de positions sur plusieurs sujets où les débats sont houleux, mais nous sommes dans une meilleure position que ce qui l’en aurait été si les choses n’avaient pas changé.

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