Football

[Chronique] CAN 2019 : Ahmad Ahmad sans domicile fixe ?

Par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

© Glez

Le président de la CAF cherche un hébergement pour la prochaine Coupe d’Afrique des nations (CAN), afin que les supporteurs ne soient pas orphelins de compétition.

Déjà, la prochaine Coupe d’Afrique des nations de football va être déboussolée par un « jet lag » de cinq mois, la phase finale débutant en juin et non plus en janvier. Déjà, elle devra s’habituer à accueillir 24 équipes, au lieu de 16 habituellement. La version 2019 de la compétition n’avait pas besoin, en plus, de bouderies et d’incertitudes…


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Les bouderies, ce sont les fâcheries en cascade qui découlent de la décision de la Confédération africaine de football de retirer au pays de Paul Biya, le 30 novembre dernier, l’organisation de la prochaine CAN. En faisant « redoubler » le cancre camerounais jusqu’en 2021, moyennant le port du bonnet d’âne pendant trois ans, la CAF a bousculé une Côte d’Ivoire grognonne qui devra ronger son frein jusqu’en 2023.

Le Brésil en roue de secours ?

À ce stade, les humeurs des reprogrammés sont sans doute le moindre souci du président de la Confédération. En taclant le Cameroun, Ahmad Ahmad imaginait sans doute que les starting-blocks de l’organisation 2019 seraient instantanément occupés. C’était sans compter avec les timides et les divas. Heureusement, finalement, que les dates de la compétition ont été décalées. Selon un calendrier classique, la CAN aurait dû commencer dans un mois…

Qui veut jouer avec les nerfs de « Ahmad au carré » ? Quand on est un Sans domicile fixe (SDF) inexpérimenté, on dépose sans vergogne son baluchon chez le tonton aisé qui a de l’espace et des équipements à domicile. « Que nenni », a répondu, du seuil de sa maison, l’oncle de Rabat, lui-même touché, en 2014, par un retrait d’organisation de CAN. Le cousin congolais, lui, semblait avoir brièvement entrouvert une porte accueillante, avant de la claquer à nouveau, sur impulsion du ministre des Sports.

La CAF n’aurait plus qu’à faire les yeux doux aux grands frères expérimentés du Caire et de Pretoria, chacun ayant déjà joué la carte de l’imbroglio apparent

La CAF n’aurait donc plus qu’à faire les yeux doux aux grands frères expérimentés du Caire et de Pretoria, chacun ayant déjà joué la carte de l’imbroglio apparent. Après avoir déclaré qu’il n’était pas candidat, le pays des pharaons serait désormais « prêt », « capable » et « fier ». C’est aussi après des déclarations contradictoires que l’organisateur du mondial 2010 aurait formellement exprimé son intérêt…

CAF échaudé craignant l’eau froide, Ahmad Ahmad devrait peut-être sécuriser la CAN avec un énième plan B. Solution extrême numéro 1 : revenir vers le Cameroun en paraphrasant les Ivoiriens des « Potes De La Rue » : « Faut pas fâcher hein ! nous s’amuser ». Solution extrême numéro 2 : délocaliser la Coupe d’Afrique des nations, comme le Rallye Dakar qui répond au nom d’une capitale africaine tout en se déroulant en Amérique du Sud. Et si les 24 équipes de la CAN se retrouvaient dans ce Brésil aux racines africaines et aux infrastructures encore fraîches ? Pas sûr que le président « migrophobe » Jair Bolsonaro ait envie de voir débarquer, à Rio de Janeiro, des cohortes africaines. Faut pas fâcher hein…

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