Football

Cameroun : Seidou Mbombo Njoya, une figure connue à la tête de la Fécafoot

Seidou Mbombo Njoya, le nouveau président de la Fédération camerounaise de football. © Facebook/Fécafoot

Le nouveau patron de la Fédération camerounaise de football, présenté pendant la campagne comme le candidat de Samuel Eto’o, est un habitué de la maison. Seidou Mbombo Njoya a suivi les pas de son père, qui avait occupé ce poste dans les années 1960.

Le duel tant attendu entre Seidou Mbombo Njoya et l’ancien joueur des Lions indomptables, Joseph-Antoine Bell, dans la course à la présidence de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) n’a finalement pas eu lieu. Alors que les pronostics annonçaient un deuxième tour entre ces deux figures de l’élection, c’est par un score fleuve de 46 voix contre 17 que le premier s’est imposé le 12 décembre pour une victoire sans appel dès le premier tour.


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Seidou Mbombo Njoya est ainsi devenu le nouveau président de l’instance faîtière du football camerounais, après environ un an et demi de normalisation. L’homme ambitionne de reprendre le flambeau d’un mandat qu’il a placé sous le signe de la « modernisation du football camerounais ». Ses prises de parole sont rares, tout comme ses apparitions publiques. Il ne s’est officiellement exprimé qu’a deux reprises depuis l’annonce de sa candidature le 30 novembre dernier, alors que ses adversaires écumaient les plateaux de radio et de télévision.

Il a grandi dans le sport en général et le football en particulier

Dans les pas de son père

Mais si les médias se sont peu délectés des déclarations de ce quinquagénaire, son retour à la Fécafoot était cependant un secret de polichinelle, tant la rumeur bruissait dans les couloirs. Car si son nom n’évoque pas grand-chose dans l’histoire du football camerounais, Seidou Mbombo Njoya n’a jamais été très loin des cercles de décision. « Il a grandi dans le sport en général et le football en particulier », commente un cadre de la Fécafoot.

C’est en effet dans le cercle familial que l’ancien promoteur de la Loterie nationale du Cameroun (Lonacam) a fait ses premiers pas dans le milieu du football. Notamment grâce à son père, Ibrahim Mbombo Njoya, l’influent sultan des Bamouns, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports nommé dans trois gouvernements différents par Paul Biya. Une carrière dédiée au sport qu’il démarra lui aussi par un passage à la Fécafoot, qu’il dirigea entre 1961 et 1964. À ce poste, il avait alors désigné un certain Issa Hayatou comme secrétaire général, illustre inconnu à cette époque qui deviendra plus tard le président de la Confédération africaine de football (CAF).

Un retour préparé

Le nouveau président de la Fécafoot se défend cependant d’être un parachuté. Il en veut pour preuve sa longue carrière dans le milieu du football camerounais. Un passage à la tête de l’équipe du Fédéral Sporting FC du Noun à Foumban, avant de devenir responsable de la commission internationale de la Fécafoot, deuxième vice-président du conseil d’administration de l’instance en 2011, puis premier vice-président de Mohammed Iya en 2013. « Il a fait toutes ses classes. Il maîtrise la gestion de ces affaires », confie un proche.

Mais ce qui donnait lieu à une ascension parfaite tourna court. Alors qu’il assure l’intérim de son mentor Mohammed Iya, incarcéré à la prison de Kondengui, une faction dirigée par John Begheni Ndeh, le vice-président sortant, s’installe à la Fécafoot. Une situation trouble se crée, Seidou Mbombo Njoya démissionne. « La Fécafoot est un panier à crabe », dira t-il à son départ.

Il retourne alors à la CAF, où il est parallèlement membre de la commission des compétitions de la CAF, et responsable du protocole présidentiel. À ce titre, il travaille en étroite collaboration avec le patron, Issa Hayatou. Il devient par la suite directeur du bureau de la FIFA à Yaoundé. Dans ces instances internationales, Seidou Mbombo Njoya reste en contact avec le football camerounais, mais prépare surtout son retour. Il greffe à ses ambitions celles des autres ténors de la fédération, parmi lesquels Gilbert Kadji, un proche du footballeur Samuel Eto’o.

Nous voulons tous le développement du football camerounais et c’est lui qui est le plus à même de nous l’apporter

Des soutiens de poids

Des soutiens de poids, qui lui ont permis de ratisser large au moment de présenter sa candidature, et surtout d’avoir l’onction des autorités administratives, jamais bien loin de ce type d’élection. « Il a beaucoup de mérite et d’expérience », a affirmé à son sujet Grégoire Owona, le ministre du Travail, l’un de ses soutiens au sein du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir). « Il a le meilleur projet. Nous voulons tous le développement du football camerounais et c’est lui qui est le plus à même de nous l’apporter », a ajouté Alim Konaté, le président de la ligue régionale de l’Adamaoua, à l’issue du vote.

Mais le retour de l’enfant prodige remettra-t-il cette instance, au cœur de tous les maux du football camerounais, sur les rails ? Ce ne sera certainement pas chose aisée et Seidou Mbombo Njoya prétend en avoir conscience. « Je continue d’appeler tous les acteurs à se joindre à mon projet, car ce n’est qu’ensemble que nous pourrions bâtir notre football », a-t-il confié à Jeune Afrique, après sa victoire.

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