Football

Cameroun : une élection à la présidence de la Fécafoot sous haute tension

Assemblée générale de la Fecafoot, le 28 septembre 2015. © Fecafoot

Mercredi 12 décembre, la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) connaîtra le nom de son nouveau président. Parmi les sept candidats, deux favoris ressortent : Joseph-Antoine Bell et Mbombo Seidou Njoya.

Les temps sont durs pour le Cameroun. La Confédération africaine de football (CAF) lui a retiré le 30 novembre dernier l’organisation de la CAN 2019 (15 juin-13 juillet) pour lui confier celle de 2021 ; en conséquence, les Lions Indomptables devront désormais obtenir leur qualification pour la phase finale en mars prochain face aux Comores – lesquelles veulent que leur adversaire soit disqualifié, au nom du règlement de la compétition ; et l’élection à la présidence de la Fécafoot se déroule dans un climat tendu. L’instance faîtière traverse depuis 2013 une crise profonde, à tel point que la FIFA a imposé la nomination d’un comité de normalisation de 2013 à 2015, puis depuis 2017, après l’invalidation de l’élection de Tombi A Roko.


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Depuis le mardi 11 décembre et jusqu’au vote du lendemain, les sept candidats (Joseph-Antoine Bell, Mbombo Seidou Njoya, Emmanuel Maboang, Franck Happi, Daniel Mongué, Hervé Tchinda et Emmanuel Bissong) défendent leur programme, sous réserve de désistements ou de ralliements – Robert Penne a par ailleurs vu sa candidature repoussé avant l’Assemblée générale (AG). Le collège électoral, qui comprend normalement 91 membres, sera finalement moins important, puisque les mandats de plusieurs délégués n’ont pas été validés.

Samuel Eto’o choisit Njoya face à Bell

Depuis quelques jours, le ton est monté par médias interposés entre Joseph-Antoine Bell et Samuel Eto’o, qui soutient Mbombo Seidou Njoya, le fils du sultan des Bamouns, Ibrahim Mbombo Njoya. Bell appelle l’ancien capitaine des Lions Indomptables « mon fils », quand le second donne du « papa » à l’ex-gardien de but de la sélection nationale. Et l’influent attaquant de Qatar SC a également laissé entendre que Yaoundé ne voulait pas de Bell à la tête de la fédération – une déclaration supposant que le palais présidentiel pencherait pour le Njoya, dont le père fut le ministre de l’Éducation nationale de Paul Biya.

Eto’o a divulgué la teneur d’une conversation qu’il avait eu avec Bell, dans laquelle ce dernier négociait un poste de Directeur technique national

Évidemment, Joseph-Antoine Bell n’a pas tardé à réagir, expliquant qu’Eto’o se mêlait d’un peu trop près des affaires de la Fécafoot. Eto’o a ensuite divulgué sur son compte Instagram la teneur d’une conversation qu’il avait eu avec Bell, dans laquelle ce dernier négociait un poste de Directeur technique national (DTN) au cas où Mbombo Seidou Njoya devait prendre les commandes de la Fécafoot. Njoya n’est pas un inconnu dans le milieu du football camerounais, puisqu’il fut notamment vice-président de la Fécafoot sous le mandat de Mohamed Iya, directeur de cabinet d’Issa Hayatou à la CAF, président du club Fédéral du Noun, et qu’il a également piloté le bureau Fifa à Yaoundé.

L’émergence d’une troisième voie ?

Joseph-Antoine Bell, soutenu par d’anciens internationaux tels Roger Milla ou Eugène Ekéké, n’est pas candidat pour la première fois à la présidence de la fédération, comme il l’a rappelé à Eto’o. « Il y a au Cameroun des gens qui estiment que Samuel Eto’o s’est trop impliqué dans la campagne présidentielle et la réélection de Paul Biya. Il y a une forme de rejet. Et même s’il n’y a pas forcément une énorme empathie pour Bell, certains préféreraient que ce soit lui qui soit élu. Car tout le monde a bien compris que si Mbomo Seidou est élu, Eto’o dirigera beaucoup de choses », explique un proche du dossier.

Une seconde source confirme : « Eto’o est très proche de Me Dieudonné Happi, qui présidait le dernier comité de normalisation. L’avocat a défendu Eto’o dans plusieurs affaires. Et un de ses fils (Wilfried) gère les intérêts du joueur. Il faut aussi rappeler qu’Eto’o a largement favorisé la nomination de Clarence Seedorf au poste de sélectionneur national. Inutile de vous préciser que Dieudonné Happi, qui gère cette élection, a choisi son camp. »


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Cette attitude a provoqué la colère de Justin Tadouh, le président du Bamboutos football club de Mbouda, qui a préféré claquer la porte de l’AG, refusant d’être manipulé par les soutiens de Mbombo Seidou Njoya. Dans cette atmosphère pesante, l’enjeu de cette élection n’a échappé à personne. Le football camerounais n’a pas d’autre alternative que de sortir de cette crise profonde qui le mine depuis plus de cinq ans.

« Bell semble être celui qui dispose de meilleurs arguments pour réussir cette mission, car il est rigoureux et il connaît bien le milieu du foot camerounais – même si Eto’o conserve une certaine cote de popularité au Cameroun, malgré sa manie de vouloir se mêler de tout. Alors, il n’est pas interdit de penser à une troisième hypothèse, avec l’élection d’un candidat plus neutre, qui n’appartient pas à un camp », explique un journaliste. Le football camerounais n’est plus à une surprise près…

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