Société

[Chronique] Saad Lamjarred pris en flagrant délit de provocation

Par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

© Glez

Toujours sous contrôle judiciaire, le chanteur marocain Saad Lamjarred annonce la sortie de son prochain clip, dans une mise en scène qui fait grincer des dents…

Éric Dupond-Moretti, ténor du barreau parisien, alors rémunéré grâce au roi Mohammed VI, avait conseillé à son client Saad Lamjarred le respect de consignes de discrétion, tant que n’étaient pas achevées les procédures judiciaires à son encontre. L’avocat des causes médiatiques ne doit pas regretter d’avoir jeté l’éponge, dans cette affaire de viols présumés.


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Sortie de prison mercredi 5 décembre, l’icône de la pop est déjà apparue sur le réseau Instagram, les bras en croix, le regard frondeur et le torse étrangement « lézardé » au niveau du cœur. Alors que le froid saisit une France dont il est censé ne pas quitter le territoire, il s’affiche torse nu dans une piscine – surmontée de bougies – et annonce à ses fans la sortie de son nouveau clip, « Baddek eih », dès le 17 décembre.

Tribunal médiatique

Pour Lamjarred, pas question de faire profil bas. En remerciant dans le message associé ses groupies pour leur solidarité, en associant sa famille au souvenir de moments difficiles, en affirmant, volontariste, que « la vie continue », la star entend jouer la carte de la « fan-attitude » contre celle du hashtag #Masaktach (« Je ne me tairai pas »), sorte de déclinaison marocaine du mouvement #MeToo.

S’il est toujours présumé innocent, l’épée de Damoclès judiciaire qui surplombe son grand bain semble bien tranchante

S’il est toujours présumé innocent, l’épée de Damoclès judiciaire qui surplombe son grand bain semble bien tranchante. Interpellé le 26 août dernier à Saint-Tropez suite à la plainte d’une jeune femme l’accusant de l’avoir violée, le petit prince de la pop marocaine a été placé en détention provisoire, le 18 septembre. Avant de se voir proposés, début décembre, une libération sous caution et un contrôle judiciaire.


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Tant que la carrière de Saad Lamjarred – déjà mis en cause dans plusieurs autres affaires judiciaires pour des faits semblables – n’est pas formellement brisée, l’occasion fait autant le buzz que le larron. Il reste à déterminer si son nouveau clip sera visionné par goût de sa musique ou par voyeurisme. Les compteurs de Youtube ne le préciseront pas.

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