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Génération Kadhafi

Par - Abdelaziz Barrouhi
Mis à jour le 28 janvier 2003 à 11:29

Elue le 20 janvier à la présidence de la Commission des droits de l’homme de l’ONU, Najat el-Hajjaji (50 ans) est très représentative de la génération de Libyennes qui a atteint l’âge adulte sous le règne de Mouammar Kadhafi. Dotée d’une forte personnalité, c’est une femme émancipée, qui n’a, paraît-il, pas la langue dans sa poche.
Elle a fait ses études à l’université du Caire, où, en 1975, après avoir soutenu une thèse sur la perception des femmes dans les médias, elle obtient un diplôme en communication de masse. Par la suite, elle se verra confier plusieurs postes à l’étranger (ou en rapport avec les relations internationales), ce qui n’est pas fréquent, pour une femme, dans un pays aussi conservateur que la Libye. Deux ans durant, elle est correspondante au Caire du quotidien Al Fajr Al-Jadid, avant d’être nommée directrice des relations extérieures et de la formation à l’agence de presse Jana, poste qu’elle occupera de 1978 à 1991. Jusqu’au jour où le colonel Kadhafi, avec qui elle a de (lointains) liens familiaux, la nomme à la mission permanente de son pays auprès des Nations unies, à Genève. Elle y occupera successivement les fonctions de ministre plénipotentiaire (1992-1998), de chargée d’affaires (1998-2000), puis, à partir d’octobre 2000, d’ambassadeur et chef de mission.
Dans les couloirs du palais des Nations, à Genève, mais aussi à New York et dans les sommets onusiens, Najat el-Hajjaji défend, bien entendu, les positions de son gouvernement, mais, parallèlement, travaille beaucoup à la promotion des femmes et à la protection de l’enfance.