Elections

RDC : Martin Fayulu dénonce des « entraves » à ses déplacements après avoir été bloqué à Goma

L'opposant Martin Fayulu, président de l'Ecidé, le 18 septembre 2016 à Kinshasa. © Gwenn Dubourthoumieu pour Jeune Afrique

En campagne dans l'est de la RDC, Martin Fayulu dénonce des « entraves répétées » à ses déplacements dans le pays. Dernier fait en date : le décollage de son jet privé a été retardé vendredi pendant plus de trois heures à Goma.

« Pourquoi ont-ils subitement peur de moi ? » interroge, dépité, Martin Fayulu. À bord de son jet privé, le candidat commun de la coalition Lamuka (Reveille-toi, en lingala), opposée au recours à la machine à voter, dit avoir été « bloqué » ce vendredi 7 novembre à l’aéroport de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC.

« Cela fait presque trois heures que nous attendons l’autorisation de décoller. Nous sommes là depuis 9 heures du matin alors que des Congolais nous attendent déjà à Bunia (Ituri) », dans la partie nord-est du pays, explique-t-il à Jeune Afrique, dénonçant des « entraves répétées » à ses mouvements depuis le début de la campagne électorale.

« C’est après plusieurs manœuvres que le jet privé loué par la coalition Lamuka a pu atterrir à Kinshasa le 4 décembre pour nous permettre de démarrer enfin notre campagne », raconte-t-il. « Deux autres avions sont toujours cloués au sol en Afrique du Sud. »

Pourquoi n’empêchent-ils pas les autres candidats à se mouvoir librement ?

À l’en croire, ces « complications » le poursuivent désormais partout : « Ils ont retardé mon arrivée à Goma où un monde fou m’attendait. Idem le 5 décembre, à Beni, où j’ai atterri presque la nuit. Pourquoi n’empêchent-ils pas les autres candidats à se mouvoir librement ?»

À Goma, des sources aéroportuaires justifient le retard du décollage du jet privé de Martin Fayulu par des « contraintes de trafic ». Plusieurs autres avions étaient déjà « en train d’amorcer leur atterrissage » à l’aéroport.

« Nous n’avons vu aucun appareil atterrir », proteste le candidat de Lamuka dont le jet privé a finalement été autorisé, vers 12 heures locales, à décoller.

Katumbi menace

« Nous ne pouvons plus continuer à accepter cet acharnement », menace Moïse Katumbi, l’un de ses principaux alliés de la coalition Lamuka. « Le peuple doit commencer à se préparer à mettre en application l’article 64 de la Constitution ». Ce dernier, dans son premier alinéa, invite tout Congolais à « faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions » de la Loi fondamentale congolaise.

« Nous pourrons interpréter ces allusions à l’article 64 comme une invitation à la rébellion contre les institutions établies. D’autant que la même disposition interdit également toute tentative de renversement du pouvoir », prévient de son côté un membre du gouvernement congolais. Se dirige-t-on vers un nouveau bras de fer, à deux semaines du scrutin présidentiel, prévu le 23 décembre ?

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