Justice

Maroc : Taoufik Bouachrine condamné à verser 130 000 euros aux ministres Akhannouch et Boussaid

Taoufik Bouachrine, directeur de la publication Akhbar Al Yaoum, a été interpellé le 23 février dans son journal à Casablanca. © YouTube/Yahya karami

Le patron de presse marocain Taoufik Bouachrine a été condamné en appel à verser environ 130 000 euros à deux ministres pour « diffamation », soit plus du triple de la somme fixée en première instance.

Taoufik Bouachrine, emprisonné dans le cadre d’autres affaires, devra verser 1 400 000 dirhams contre initialement 450 000 dirhams (environ 40 000 euros), selon une décision rendue mercredi 05 décembre par la chambre d’appel du tribunal de première instance de Casablanca, a précisé Me Moulay el Hassan Elalaoui, son avocat.

Poursuivi dans plusieurs autres affaires

Le journaliste était poursuivi depuis 2015 pour avoir accusé dans un article les ministres de l’Agriculture et de la Pêche, Aziz Akhannouch, et de l’Economie et des Finances, Mohamed Bousaïd -limogé en août- d’avoir modifié un article de la loi des finances 2016 permettant à Aziz Akhannouch de prendre le contrôle du Fonds de développement rural, aux dépens du chef de gouvernement de l’époque, Abdelilah Benkirane.


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Directeur du quotidien indépendant Akhbar al-Yaoum, Taoufik Bouachrine est poursuivi dans plusieurs autres affaires et a été condamné en novembre à 12 ans de prison pour des violences sexuelles qu’il a toujours niées. Il doit verser à huit victimes des indemnisations allant de 9 000 à 46 000 euros.

« Faire taire à jamais Akhbar al-Yaoum »

Pour Younes Maskine, qui remplace Taoufik Bouachrine à la tête du journal depuis son arrestation en février, cette nouvelle décision de la justice est « une étape supplémentaire dans le processus visant à faire taire à jamais Akhbar al-Yaoum ». Connu pour son ton critique, Taoufik Bouachrine a tout nié et dénoncé un « procès politique ». Les avocats de la partie civile ont de leur coté parlé d’une « politisation » de ce procès mouvementé ayant divisé l’opinion marocaine. Le journaliste est également poursuivi entre autres pour publication de fausses informations.

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