Diplomatie

ONU : plaidoyers pour le multilatéralisme en réponse aux critiques américaines

Le Conseil de sécurité de l'ONU. © Mary Altaffer/AP/SIPA

L'ONU, l'Union africaine et la Côte d'Ivoire, présidente en exercice du Conseil de sécurité, ont plaidé mercredi en faveur des organisations internationales oeuvrant pour la paix dans le monde, au lendemain de nouvelles critiques américaines mettant en cause leur efficacité.

« Au regard des nombreux défis liés à la paix et à la sécurité internationales dans notre monde en constante mutation, l’Organisation des nations unies et le Conseil de sécurité apparaissent plus que par le passé incontournables pour prévenir et résoudre les conflits », a affirmé le président ivoirien Alassane Ouattara.

Ses déclarations, sans viser directement un discours critique la veille à Bruxelles du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo à l’égard de l’Union européenne, l’ONU ou l’UA, sont intervenues lors d’une session du Conseil de sécurité organisée par Abidjan sur l’après-conflit et la stabilité.

Mike Pompeo a regretté mardi qu' »aujourd’hui, aux Nations unies, les missions de maintien de la paix s’éternisent depuis des décennies sans être plus proches de la paix ».

Débat au sein du Conseil de sécurité

« L’ONU a été créée en tant qu’organisation accueillant des pays épris de paix » mais « aujourd’hui continue-t-elle à servir fidèlement sa mission ? », s’est-il interrogé.

Sur le terrain, l’Union africaine apporte une contribution tangible à nombre d’Etats membres en situation de post-conflit

« Sans accompagnement international, les efforts nationaux ne peuvent surmonter les innombrables obstacles qui se dressent sur le chemin de la paix », a estimé au contraire devant le Conseil de sécurité Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine, en vantant l’exemple de l’opération de l’ONU menée en Côte d’Ivoire pendant treize ans jusqu’en 2017.


>>> À LIRE – Mali : Casques bleus et bleus à l’âme


« Sur le terrain, l’Union africaine apporte une contribution tangible à nombre d’Etats membres en situation de post-conflit, à travers des projets à impact rapide, un soutien technique dans des domaines clés et une action de plaidoyer pour mobiliser les soutiens requis », a aussi souligné Moussa Faki Mahamat.

Rechute

La veille, le secrétaire d’Etat américain avait émis des doutes sur l’efficacité de l’UA. « En Afrique, l’Union africaine défend-elle les intérêts mutuels de ses Etats membres ? », a-t-il demandé.

Promettant devant des médias de réagir ultérieurement aux propos américains, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a regretté devant le Conseil de sécurité que « trop souvent » des pays sortis de crise « basculent à nouveau dans la violence », faute de programme de développement suffisamment inclusif.

40% des pays en phase de post-conflit rechutent dans la violence dix ans après en être sortis

« Nous avons besoin de davantage de partenariats », a-t-il estimé, plaidant comme Moussa Faki Mahamat ou Alassane Ouattara en faveur d’un engagement international accru et continu pour ces pays fragiles.

« L’engagement à long terme » est particulièrement important alors que « 40% des pays en phase de post-conflit rechutent dans la violence dix ans après en être sortis », a relevé le responsable de l’UA.

Soutien financier

Tant Moussa Faki Mahamat, que le président ivoirien ou Antonio Guterres ont appelé les membres du Conseil de sécurité « à répondre favorablement aux attentes et aux appels de l’Afrique pour davantage de solidarité dans le financement de ses opérations de soutien à la paix ».

La reconstruction implique « d’importantes ressources financières qui ne sont pas disponibles dans les pays qui sortent de conflit », a souligné Ouattara. « C’est pourquoi, il est important que dans de tels pays, la communauté internationale, notamment l’ONU, reste engagée de façon décisive et résolue, tout en évaluant les conditions d’un retrait ordonné, comme ce fut le cas pour la Côte d’Ivoire », a-t-il ajouté.

Les appels à un financement fourni par l’ONU à la paix en Afrique visaient tous implicitement les Etats-Unis, premier contributeur financier de l’Organisation et qui cherche à limiter ses dépenses.

Washington refuse jusqu’à présent que le Conseil de sécurité accompagne avec un mandat fort et donc un soutien financier conséquent la création de la force G-5 Sahel en Afrique de l’Ouest.

Les Etats-Unis sont également réticents à endosser une résolution prévoyant le principe d’un soutien financier « durable et souple », au cas par cas, des Nations unies à l’Union africaine ou d’autres organisations africaines pour des opérations de paix dirigées par l’Afrique sur le continent africain.

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte